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07.07.2006
Le marxisme et l'Occident vus par un chef indien
TOUJOURS LA MEME RENGAINE
première partie
Par Russel Means

La seule possibilité pour commencer une intervention de cette nature est de dire que je déteste écrire. Le procédé lui-même montre bien le concept européen de «pensée légitime»; ce qui est écrit a une importance qui est déniée à la parole. Ma culture, la culture lakota, est de tradition orale et c'est pourquoi je regrette habituellement l'écrit («je n'écris pas»). C'est l'un des moyens qu'emploie le monde occidental pour détruire les cultures des peuples non européens, cette imposition de l'abstraction par-delà la parole d'un peuple.
Ainsi ce que vous lisez ici n'est pas ce que j'ai écrit. C'est ce que j'ai dit et quelqu'un d'autre l'a retranscrit. J'ai autorisé cela parce qu'il semble que le seul moyen de communiquer avec le monde occidental soit à travers la mort, les feuilles desséchées d'un livre. Cela ne me préoccupe pas vraiment de, savoir si mes paroles atteignent les Blancs ou pas. Ils ont déjà démontré au travers de leur histoire qu'ils ne peuvent pas entendre, qu'ils ne peuvent pas voir; ils peuvent seulement lire (bien sûr, il y a des exceptions, mais elles ne font que confirmer la règle). Je suis plus concerné par les Amérindiens, étudiants ou autres, qui ont commencé à être absorbés par le monde occidental au travers des universités et autres institutions. Mais cela aussi n'est qu'une préoccupation secondaire. Il est tout à fait possible de grandir avec un visage rouge et un esprit blanc et si c'est le résultat d'un choix individuel d'une personne, qu'il en soit ainsi, ce n'est pas mon problème. C'est une partie du processus de génocide culturel fomenté par les Occidentaux contre les peuples amérindiens aujourd'hui. Ce qui me concerne, c'est d'être avec ceux des Amérindiens qui choisissent de résister à ce génocide, mais qui peuvent être indécis sur comment faire.
Cela demande un gros effort de la part de chaque Amérindien pour ne pas devenir occidentalisé. La force de cet effort ne peut venir que par les approches traditionnelles que nos ancêtres ont conservées. Cela doit venir du «cercle», des «quatre directions», des relations entre les choses et les êtres; cela ne peut pas venir des pages d'un livre ou d'un millier de livres; aucun Occidental ne peut enseigner à un Lakota comment être Lakota, à un Hopi comme être un Hopi. Un diplôme universitaire en «études indiennes» ou en. «éducation» ou en quoi que ce soit d'autre ne peut transformer une personne en un être humain ou apporter la connaissance dans la voie traditionnelle. Il peut simplement vous transformer en un occidentalisé par l'esprit, un marginal... (à suivre)
in. La Revue du M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
1990
Ainsi ce que vous lisez ici n'est pas ce que j'ai écrit. C'est ce que j'ai dit et quelqu'un d'autre l'a retranscrit. J'ai autorisé cela parce qu'il semble que le seul moyen de communiquer avec le monde occidental soit à travers la mort, les feuilles desséchées d'un livre. Cela ne me préoccupe pas vraiment de, savoir si mes paroles atteignent les Blancs ou pas. Ils ont déjà démontré au travers de leur histoire qu'ils ne peuvent pas entendre, qu'ils ne peuvent pas voir; ils peuvent seulement lire (bien sûr, il y a des exceptions, mais elles ne font que confirmer la règle). Je suis plus concerné par les Amérindiens, étudiants ou autres, qui ont commencé à être absorbés par le monde occidental au travers des universités et autres institutions. Mais cela aussi n'est qu'une préoccupation secondaire. Il est tout à fait possible de grandir avec un visage rouge et un esprit blanc et si c'est le résultat d'un choix individuel d'une personne, qu'il en soit ainsi, ce n'est pas mon problème. C'est une partie du processus de génocide culturel fomenté par les Occidentaux contre les peuples amérindiens aujourd'hui. Ce qui me concerne, c'est d'être avec ceux des Amérindiens qui choisissent de résister à ce génocide, mais qui peuvent être indécis sur comment faire.
Cela demande un gros effort de la part de chaque Amérindien pour ne pas devenir occidentalisé. La force de cet effort ne peut venir que par les approches traditionnelles que nos ancêtres ont conservées. Cela doit venir du «cercle», des «quatre directions», des relations entre les choses et les êtres; cela ne peut pas venir des pages d'un livre ou d'un millier de livres; aucun Occidental ne peut enseigner à un Lakota comment être Lakota, à un Hopi comme être un Hopi. Un diplôme universitaire en «études indiennes» ou en. «éducation» ou en quoi que ce soit d'autre ne peut transformer une personne en un être humain ou apporter la connaissance dans la voie traditionnelle. Il peut simplement vous transformer en un occidentalisé par l'esprit, un marginal... (à suivre)
in. La Revue du M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
1990
15:20 Ecrit par piotrevski dans Essaimage | Commentaires (6)





Commentaires
Piotr, mon ami,
J'ai une cruelle confidence à te faire. Je ne lis pas tes posts. Rarement. Ils sont beaucoup beaucoup trop longs.
Personne ne les lit.
Fais court, bordel!
Ecrit par : cassandre | 07.07.2006
Ils doivent avoir de sacrés yeux, les miens ne tiennent vraiment pas la distance.
J'ai essayé.
:-(
Ecrit par : cassandre | 07.07.2006
> «érudits»
je sais pas pourquoi j'ai toujours kiffé ce mot...
Mitakuye Oyasin (nous sommes tous reliés)
"Il y a longtemps, mon père m'a répété les paroles de son père : une fois, un saint homme lakota appelé Drink Water rêva de ce qui devait se passer. Il rêva que les bisons revenaient sur Terre et qu'une race venue d'ailleurs tissait une toile tout autour des Lakotas. Et il dit : Vous vivrez dans des maisons carrées, grises, sur une terre infertile... Parfois on en sait plus en rêve que lorsqu'on ne dort pas."
Black Elk
Ecrit par : niki | 07.07.2006
Artaud a écrit de ses plus beaux textes chez les Tarahumaras au Mexique. Voici un texte à ce sujet, glané ici: http://www.arizona-dream.com/Mexique/Indiens/atarahumaras.php
dont apparemment l'auteur est inconnu.
"Dans un coin perdu de la Sierra Madre, au fond de gorges désolées, vivent les derniers représentants des Indiens Tarahumaras.
Ils n'ont pas connu d'autre organisation sociale que celle d'un communisme agraire très ancien. Culture du maïs, artisanat et, surtout, priorité à la quête du bonheur. Mais le mode de vie des Tarahumaras, est aujourd'hui en péril.
Les tambours résonnent contre les parois des canyons les plus profonds d'Amérique du Nord, El Barrancas del Cobre, et depuis les presque 1 900 mètres de fond de ces gorges désolées, la supplique des Indiens Tarahumaras monte vers le ciel. C'est la semaine sainte, la fête des semailles, et il n'a pas plus une goutte depuis octobre. La mer de Cortes n'est pourtant qu'à trois cents kilomètres de ce coin perdu de la Sierra Madre, à l'ouest de Chihuahua. Mais les déforestations, aussi intempestives qu'illégales, ont aggravé la sécheresse. Cette année, à peine 10 % des champs de maïs pourront être ensemencés. Dès lors, c'en sera fini de l'autarcie de ce peuple de 50 000 âmes qui n'a jamais connu d'autre organisation sociale que celle d'un communisme agraire très ancien où n'existent ni propriété privée ni pouvoir centralisé. Chaque village procède certes à l'élection d'un gouverneur, mais il est révocable à tout instant et, gestion collégiale oblige, toutes les décisions sont prises en conseil. Les Tarahumaras, peuple d'agriculteurs, vivent du maïs et d'un artisanat sommaire. Le peu d'argent ainsi récolté contribue essentiellement à l'achat de tissus destinés à confectionner des vêtements traditionnels portés au quotidien. Si le travail occupe une place restreinte dans cette société amérindienne, c'est essentiellement en raison du temps que chaque être humain doit, selon eux, consacrer à la quête du bonheur : Dieu, en effet, n'a pas créé les hommes pour être esclaves et malheureux. Jouer, se réjouir sont donc autant de devoirs envers le Créateur dont chacun doit s'acquitter.
En quelque sorte, le droit à la paresse en tant qu'obligation religieuse...
Mais à l'instar de l'immense majorité des cultures indigènes de la planète, le mode de vie Tarahumara - à chacun selon ses besoins - jusqu'ici protégé par des canyons labyrinthiques et des sommets qui culminent à 2 600 mètres, est remis en cause par le modèle occidental.
La pression du tourisme, l'aveuglement des ONG qui persistent à envoyer des ballots de jeans et de T-shirts pour remplacer pagnes et tuniques, la menace des narcotrafiquants qui exploitent les communautés les plus reculées en les obligeant à cultiver la marijuana en échange de fusils mitrailleurs AD47, tout ici contribue à menacer l'intégrité des Tarahumaras.
Au premier jour de la semaine sainte, il a plu. Enfin. Mais les grosses gouttes qui ont battu la poussière le temps d'une nuit n'ont pas suffi à abreuver la terre. Il y a peu, ce peuple qui fascina les intellectuels, jusqu'au poète Antonin Artaud qui vint les visiter en 1937, se considérait exempt du Mal et se voulait la Conscience du Monde."
Ecrit par : p. | 07.07.2006
c'est démoralisant , pourtant ,je lutte et crois toujours avoir garder ma liberté ,celle que je met dans mes actes et mes idées, je suis souvent seule face à ma liberté de penser et d'agir sans entrer dans le" troupeau", et ceci n'est pas péjoratif....je comprends ton point de vue ,mais ne voit pas de solutions , souvent il n'y en a pas dans un monde donné , oh ! et puis zut , je suis fatiguée d'écrire et d'essayer de me faire comprendre... je n'écris plus , ah si ! Tchao...
Ecrit par : azazel | 07.07.2006
Chère Azazel, salut! Nous ressentons tous cela. Peut-être qu'ouvrir ses horizons, apprendre et transmettre, inventer, tirer le meilleurs de chaque culture, sont déjà des attitudes qui prémunissent de l'abattement ressenti devant l'immensité de la tâche. Penser globalement, agir localement.
Ecrit par : p. | 08.07.2006
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