09.07.2006
Le marxisme et l'Occident vus par un chef indien
TOUJOURS LA MEME RENGAINE
troisième partie
lire depuis le début
Par Russel Means

C'est la même chose avec les «révolutions» occidentales capitalistes ou autres. Elles ont transformé les relations de pouvoir en Europe, mais seulement pour réaffirmer les nécessités d'expansion du monde blanc dans tous les domaines.
Newton a «révolutionné» la physique et les sciences dites naturelles, en réduisant l'univers physique en une équation linéaire. Descartes a fait la même chose avec la culture, John Locke avec la politique et Adam Smith avec l'économie. Chacun de ces «penseurs» a pris une partie de la spiritualité de l'existence humaine et l'a convertie en un code, une abstraction. Ils ont repris là où le christianisme s'est arrêté, ils ont «sécularisé» la religion chrétienne comme aiment dire les «érudits», et en faisant cela ils ont accru les capacités de l'Europe à agir comme culture expansionniste. Chacune de ces révolutions intellectuelles a servi à rendre la pensée occidentale de plus en plus abstraite, à remplacer la complexité merveilleuse et la spiritualité de l'univers en une «séquence logique», un décompte «3-2-1-Réponse». C'est ce qui a commencé à être dénommé «efficience» dans l'esprit occidental. Tout ce qui est mécanique est parfait, tout ce qui semble fonctionner sur l'instant -ce qui prouve que le modèle mécanique est le bon- est considéré comme satisfaisant même si c'est clairement faux. C'est pourquoi la «vérité» change si vite dans l'esprit occidental; les réponses qui résultent d'un tel processus ne sont que des bouche-trous, temporaires, qui doivent être continuellement remplacés par de nouveaux bouche-trous, soutenus par les modèles mathématiques et qui les maintiennent, ces modèles, en vie.
La tradition matérialiste occidentale de déspiritualiser l'univers est très semblable au processus mental qui consiste à déshumaniser un individu. Et qui semble le plus expert à déshumaniser d'autres peuples? Et pourquoi? Des soldats, vétérans de nombreuses guerres, apprennent à traiter l'ennemi comme tel avant de retourner vers de nouveaux champs de bataille. Des assassins le font avant de commettre un crime. Les SS l'ont fait aux pensionnaires des camps de concentration. Les Oics le font. Les patrons le font aux travailleurs qu'ils envoient dans les mines d'uranium ou dans les aciéries. Les politiciens le font à quiconque se trouve à leur portée. Ce que chaque processus de déshumanisation a en commun pour chaque groupe le pratiquant, c'est que tout est au point pour tuer et détruire d'autres individus. L'un des commandements chrétiens dit «Tu ne tueras point », du moins pas des êtres humains, alors l'artifice est dc convertir mentalement les victimes en « non-humains ". Et ensuite vous pouvez proclamer la violation de votre propre commandement comme une vertu.
En termes de déspiritualisation de l'univers, le processus mental aboutit à ce que détruire la planète devienne vertu. Des termes tels que « progrès» et « développement» sont utilisés comme «cache-sexe» de-ci de-là, de la même façon que « victoire" et «liberté» sont utilisés pour justifier le carnage dans le génocide. Par exemple, un spéculateur bien fondé peut en appeler au « développement » d'une parcelle de terrain en y ouvrant une carrière de gravier; en vérité, le « développement" signifie là la destruction permanente, totale avec le bouleversement de la terre elle-même. Mais la logique occidentale a gagné quelques tonnes de gravier avec lesquelles encore plus de territoires vont être « développés" par la construction de routes. Finalement, la totalité de l'univers est ouverte - du point de vue occidental - à cette sorte d'insanité.
(à suivre)
in. La Revue du M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
1990
Newton a «révolutionné» la physique et les sciences dites naturelles, en réduisant l'univers physique en une équation linéaire. Descartes a fait la même chose avec la culture, John Locke avec la politique et Adam Smith avec l'économie. Chacun de ces «penseurs» a pris une partie de la spiritualité de l'existence humaine et l'a convertie en un code, une abstraction. Ils ont repris là où le christianisme s'est arrêté, ils ont «sécularisé» la religion chrétienne comme aiment dire les «érudits», et en faisant cela ils ont accru les capacités de l'Europe à agir comme culture expansionniste. Chacune de ces révolutions intellectuelles a servi à rendre la pensée occidentale de plus en plus abstraite, à remplacer la complexité merveilleuse et la spiritualité de l'univers en une «séquence logique», un décompte «3-2-1-Réponse». C'est ce qui a commencé à être dénommé «efficience» dans l'esprit occidental. Tout ce qui est mécanique est parfait, tout ce qui semble fonctionner sur l'instant -ce qui prouve que le modèle mécanique est le bon- est considéré comme satisfaisant même si c'est clairement faux. C'est pourquoi la «vérité» change si vite dans l'esprit occidental; les réponses qui résultent d'un tel processus ne sont que des bouche-trous, temporaires, qui doivent être continuellement remplacés par de nouveaux bouche-trous, soutenus par les modèles mathématiques et qui les maintiennent, ces modèles, en vie.
La tradition matérialiste occidentale de déspiritualiser l'univers est très semblable au processus mental qui consiste à déshumaniser un individu. Et qui semble le plus expert à déshumaniser d'autres peuples? Et pourquoi? Des soldats, vétérans de nombreuses guerres, apprennent à traiter l'ennemi comme tel avant de retourner vers de nouveaux champs de bataille. Des assassins le font avant de commettre un crime. Les SS l'ont fait aux pensionnaires des camps de concentration. Les Oics le font. Les patrons le font aux travailleurs qu'ils envoient dans les mines d'uranium ou dans les aciéries. Les politiciens le font à quiconque se trouve à leur portée. Ce que chaque processus de déshumanisation a en commun pour chaque groupe le pratiquant, c'est que tout est au point pour tuer et détruire d'autres individus. L'un des commandements chrétiens dit «Tu ne tueras point », du moins pas des êtres humains, alors l'artifice est dc convertir mentalement les victimes en « non-humains ". Et ensuite vous pouvez proclamer la violation de votre propre commandement comme une vertu.
En termes de déspiritualisation de l'univers, le processus mental aboutit à ce que détruire la planète devienne vertu. Des termes tels que « progrès» et « développement» sont utilisés comme «cache-sexe» de-ci de-là, de la même façon que « victoire" et «liberté» sont utilisés pour justifier le carnage dans le génocide. Par exemple, un spéculateur bien fondé peut en appeler au « développement » d'une parcelle de terrain en y ouvrant une carrière de gravier; en vérité, le « développement" signifie là la destruction permanente, totale avec le bouleversement de la terre elle-même. Mais la logique occidentale a gagné quelques tonnes de gravier avec lesquelles encore plus de territoires vont être « développés" par la construction de routes. Finalement, la totalité de l'univers est ouverte - du point de vue occidental - à cette sorte d'insanité.
(à suivre)
in. La Revue du M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
1990
00:10 Ecrit par piotrevski dans Essaimage | Commentaires (4)





Commentaires
Je crois en la théorie du chaos, je ne m'explique pas plus, excuse , je ne peux écrire plus, bye...
Ecrit par : azazel | 09.07.2006
Libre, l'esprit libre, ne compte. Esprit libre.
Ecrit par : libre max | 10.07.2006
L'Occident est expansionniste, totalitaire et court après l'utilitarisme de l'instant, c'est clair, mais de là à réduire la démarche scientifique (qui repose sur des principes universels) à une simplification de cette soi-disant "merveilleuse spiritualité de l'univers" qui ne m'a pas été présentée (sans quoi j'aurais probablement pissé dessus), il y a un certain nombre de pas, pour ne pas dire un abime, voire quelques millions de parsecs, non?
(Attention à Azazel ! C'est sa soeur qui écrit les conneries qu'il signe.)
Ecrit par : S. | 10.07.2006
sans doute utilise-t-il cette métaphore pour englober en qq mots l'immensité, l'inconnu, l'impensé. Certes, il évoque un sens divin, mais pas au sens chrétien (il est animiste, il faut lire la suite du texte). Il ne personifie pas l'incompréhensible, il ne le réduit pas à l'image humaine, ni à la taille de sa petite cervelle. Il donne une chance au conte, à l'imagination, qui fut durant des millénaires la seule voie d'exploration de la nature (naturante et humaine). On ne peut pas dénigrer, sous prétexte d'athéisme forcené, quiconque utilisant l'imaginaire là où la science n'explore pas (encore). Son animisme est intégral, c'est-à-dire qu'il prend en compte et respecte les courants, les énergies, qui font le monde, surtout s'il ne les comprend pas. N'oublie pas qu'il a suivi un cursus universitaire chez les blancs et sait de quoi il parle, disons, des deux côtés de ces deux cultures très différentes.
Sînziana, je te jure, le jour où tu pisses sur une galaxie, fut-ce à proximité du système solaire, préviens-moi, j'enfilerai mes bottes de sept parsecs et je fais des croquis bio-luminescents.
bises à toi, chatte des étoiles.
PS: En 1923, André Malraux conclut ainsi sa critique de Défense de l'Occident, le livre d'Henri Massis: Le monde moderne porte en lui-même, comme un cancer, son absence d'âme. Il ne s'en délivrera pas : elle est impliquée par sa propre loi. Et il en sera ainsi jusqu'à ce qu'un appel collectif de l'âme torde les hommes ; ce jour-là vacillera sans doute ce monde dans lequel nous vivons. Mais il est aujourd'hui indifférent à de telles questions : ceux qui cherchent le sens des destinées sont précisément ceux qui ne les dirigent pas. Les deux nécessités qui gouvernent les hommes sont, pour de longues années encore, celles de l'esprit et des passions : la connaissance et l'argent ; celle-ci, avec son cortège de drames, celle-là, avec son drame unique contre lequel toute proposition est vaine : la lutte persistante de l'absolu et de l'humain, lorsque l'idée de l'absolu est devenue sans force, et que la passion de l'Homme s'est éteinte sans trouver un nouvel objet d'amour. (NRF, 1927)
(texte glané, disons, par hasard et très à propos, chez Dominique Autié qui parle du dernier disque de Gérard Manset. Suivre le lien sous ma signature pour y parvenir)
Ecrit par : p. | 11.07.2006
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