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29.09.2006

Héra Hiruhatsu

Ils se baisent sans un mot, abondantes intentions dévorées. Plantée sur lui. Tu assistes à la chevauchée. Tu te masturbes. Tu diriges ta liqueur sur sa langue. La lui plante dans la bouche. Il saisit tes fesses dynastiques. Tu gueules. Tu lui fais mal. Tu veux torsader mon membre. Tu veux l’étouffer. Tu veux la sentir dans ta gorge. Souffles rougis, le vent dans la pièce, je ventile sa toison « emperlée de sueur froide ». (même pas peur, tiens !)

Le soleil installe aujourd’hui dans son sillage, ta fente vigilante mâchonne le plancher. J’aurais aimé plus de nuit.

Deux cent jours plus tard, le téléphone grésillait. Je le sentais. On dit ça, je le sentais. Pfuuuit la grand-mère à boire. À la morne brise, au matin sec, à l’heure des flics, la mise en bière ad hoc.

T’oses pas toucher, chochotte, chuchote le cousin. Toucher, toucher, faut voir. On touche trop de choses. Je suis touché. Le front. Les mains. Le peignoir, la robe de nuit, glacés. Oui, bon, cette photo, cette morte au salon.

Je suis son corps obéissant aux cahots de la route sans lequel je ne serais pas. (Ce qui reste encore à démontrer.)
Que ressens-tu ?

Est-ce vraiment nécessaire ?
Soyons amis, des amis qui se souviennent, c’est la vie.
Des amis qui se soutiennent.

J’ai vu la mort. J’ai vu la mort dans ses cheveux. Sur la tête de mon amie, j’ai vu la mort. Elle a mangé mon bras. Je me demandais, le frigo, à combien ? Quand on touche, ça remonte dans le bras. (Palpe l’écorce de l’arbre et l’arbre inspire et pfuuuit dans l’arbre, la mort boudinée.) Elle exprimait quoi la grand-mère ? L’essence de grand-mère. Esprit de grand-mère à vendre – date limite vendredi matin – pour jeunes rêveurs désirant un instant être vieux puis, à ja-mais, oublier.

Des années risibles. Des piges, je fus risible à balancer tout ça par-dessus bord, le sentiment de la disparition imminente, l’absence, le crime d’espoir, ce serment, de ne pas mourir seule, à moi-même. Ses gestes expiraient, mes misérables attentions, pfffuuuit volatilisée. Le désir à présent de me coller à son squelette, d’en extraire une filiation, nos répliques dans la campagne, cette mappemonde de la cité des morts dessinée sur nos visages, et ne jamais me résoudre au silence. Prenant la distance bras à bras, com-prendre que son être rêvé me va mieux que tout. À moins que le fumet de ses organes délaissés, la poisse en entrant dans la pièce, le thermostat posé sur moiteur sexuelle, le fauteuil moisissant que plus personne n’ose toucher de pisse, me dégoûtent. À moins d’être cette ordure inhumaine qui, confronté à la merde humaine, se rebouche et s’enfuit. Au moins admettre cela… Pfffuuit…

(in: Parfois au bout des routes, le livre)

Commentaires

ouille ouille tu me fais penser que j'ai un toujours truc à lire... dis, je l'aurai quand même la bière spéciale ?

Ecrit par : niki | 29.09.2006

Lis d'abord!

Ecrit par : pavlov | 29.09.2006

faut que je m'y mettes d'autant plus que j'ai soif comme un dauphin et que j'ai inventer de dire à mon ami le bibliothécaire qu'il pourrait bientôt y jeter un oeil

Ecrit par : niki | 29.09.2006

putain, je dois ABSOLUMENT envoyer les dauphins chez le dompteur de livre, tout à l'heure, dernier carrat.

voix de rentrée des classes maternelles: JEEEEEE VEEEUUUUUXX PAAAAAS LE LAAAAAACHEEEEEERRRRR.

Ecrit par : piotrevski | 29.09.2006

>faut que je m'y mettes d'autant plus que j'ai soif comme un dauphin et que j'ai inventer de dire à mon ami le bibliothécaire qu'il pourrait bientôt y jeter un oeil

des fois je me fais honte comment que je parle

Ecrit par : niki | 29.09.2006

jz suis émue par les tripes que tu as mis dans ce texte qui "t'appartient totalement", je n'ai rien à dire de plus.

Ecrit par : azazel | 29.09.2006

c'est l'éditeur qui vous le dit : Lisez-le ce "PARFOIS AU BOUT DES ROUTES", bon sang de bon sang et imposez-le autour de vous, tonnerre de brest!

Ecrit par : jean-louis | 30.09.2006

Mais puisqu'il vous le dit... Faites le connaître, ce livre est une bombe, de linouï, de l'impensable, du complètement barge et quelques morceaux de vie aussi. Alors, les filles, les mectons, allons, allons... 10 francs mes beaux livres, illustré par l'auteur, mais si.

Ecrit par : piotrevski | 30.09.2006

pfuuuit... ;-) terrible et pathétique

Ecrit par : papaverum | 13.12.2006

le souffle de l'hiver cassant dans le petit bois lorsque nous enterrions nos vies nous-mêmes sous l'oeil inquiet des ancêtres.

Ecrit par : christelle | 08.01.2007

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