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20.10.2006
Brussel Centraaaaal
Vingt heures du soir, envie de danser. Vingt heures du soir…
Pas du matin, dit-elle aimablement.
Là, c’était pas trop gagné.
Changement d’air. Vingt heures cinq. Commande sèche. Toni tient le bar du bout du nez. Un geste, le bar tombe, pas Toni, c’est un dur. Il a déjà bien pris dans sa tronche. Il me voit venir, seul, bien nase. D’emblée, Toni attaque fort : « Les pigeons ici, ils sont radioactifs. » Il m’observe et conclut l’attaque : « Ils ont des caméras dans le cou ». Je vacille, hilare. Il m’achève : « Je suis pas parano, c’est des pigeons atomiques ». À ce niveau c’est de l’art, de l’art de bistrot et Toni est un véritable artiste. Et comme tel, il se nourrit de lui-même. Il est lancé : « C’est pour ça qu’ils sont bleus ». Toni, je te dis chapeau, rien à dire, raconte !
« Ils sont reliés au dispatching central. C’est pas vraiment des pigeons, moi je sais, c’est des flics. Ils te suivent. Enfin, surtout moi. J’ai un truc dans la dent. Regarde ! Là tu vois, dans la molaire. C’est un truc, je sais pas quoi, pour me re-pérer. Tu sais, un « gps » pour me suivre sur la carte. Je te jure. Je suis pas parano. Tu me crois pas si tu veux. Regarde mes jambes ! Pleines de gourmes. Et mon cou, des pus-tules. J’ai passé une nuit au poste. Pour rien. Je marchais dans la rue, comme ça, ils me choppent, pour rien je te jure, ils m’implantent leurs émetteurs, et voilà. »
Je veux pas te froisser mais je vais quand même y aller.
J’espère qu’il voit ma lassitude, mon effort accompli, ses psychoses. Mais justement, il a tout vu, il a bien compris et c’est ça qui le rembourre, ce pervers. Il réattaque sur l’aile.
« Non, attends, faut pas croire, t’es mon pote, regarde. Prends une bière. Faut que tu penses, faut pas croire, faut penser, tu vois ce que je veux dire ? Moi, par exemple, je crois pas. Je suis sûr. Je suis pas parano, je pense. Attends je te dis ! Prends une bière. Je paie… »
(in: parfois au bout des routes)
08:35 Publié dans Parfois au bout - extraits | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : poésie





Commentaires
Bon écoute, c'est bon. Si tu voulais pas qu'on aille boire un pot, suffisait de le dire. Pas la peine d'en faire un texte quoi.
Ecrit par : fred_ | 20.10.2006
Putain de Toni.
Pour une fois que c'est pas sur moi que ça tombe ce genre d'énergumènes!
Ecrit par : Commandante Cassandritshi | 20.10.2006
Alors, là, on ferait une belle paire, parce qu'ils sont tous pour bibi. Bon, ben, on va aller s'en boire qq'uns, Cassandrimshi Dhang Lagieul.
Ecrit par : p. | 20.10.2006
La suite n'est pas mal non plus. Dans le livre ça continue jusqu'à la page 24 avec un dessin en plus. Parole d'éditeur.
Ecrit par : jean-louis | 20.10.2006
Un éditeur! Au secours!
Ecrit par : Commandante Cassandritshi | 20.10.2006
On est si loin de la campagne,
ici pourtant il en est aussi
qui ont cessé depuis longtemps
de déraisonner à l'unisson,
bonjour tout de même.
Ecrit par : michel à franquevaux | 22.10.2006
ne vous énervez pas commandante, vous allez encore rater votre cible. respirez calmement, ne visez pas, tirez dans le tas.
Ecrit par : jean-louis | 23.10.2006
j'ai déjà lu ça quelque part, dans un livre de Pierre Duys, un petit bout de route ne suffit pas , il faut tout lire et relire, car parfois au bout des routes....
Ecrit par : azazel | 23.10.2006
[noir]
si je devais avoir un credo
ce serait bien celui-là :
"Faut que tu penses, faut pas croire, faut penser, tu vois ce que je veux dire ? Moi, par exemple, je crois pas. Je suis sûr. Je suis pas parano, je pense. "
[Lumières]
entre creatifs communs, salutatoiz!
(creative come on!)
Ecrit par : tiniak | 05.01.2008
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