27.11.2006

Saisons

Voici Mimi Parasol
et Bibiche de Cucugnan,
deux tulipes orageuses
qui dansent le French Cancan

- Je ne passerai pas cet été
sans de graves contrariétés...
Ainsi pense le blé
par son propre poids accablé.

Ah! pauvres fleurs décapitées.
Ventres ouverts, crânes fendus.
Gueules-de-lion, pieds-d'alouette
et culs tout nus.

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texte: Paul Neuhuys, in. On a beau dire.
toile: Claude Monet, La promenade.

09:30 Ecrit par piotrevski dans Temps Mêlés | Commentaires (6)

Commentaires

On a toujours vu les hommes supérieurs, dès qu'ils n'ont pas de goût à diriger la civilisation, vivre en dehors de la civilisation. Celui-ci, dont le nom est presque inconnu, n'a jamais coudoyé ses frères ; à la première occasion il est parti, voué, farouche, à un consulat lointain ; pour caverne, il a une pagode abandonnée et, sûr qu'elles ne voient pas son âme, il promène ses yeux parmi les fourmis jaunes. Mais ces détails même n'intéresseront personne avant cinquante ans : l'auteur de Tête d'or est ici ou là, selon qu'il a choisi. Il importe, pour les bateaux, que le vent souffle d'ici ou de là ; pour les livres, nullement : ils vont de tous les côtés à la fois, ils arrivent partout, venant de partout, épaves que les naufrages roulent dans des langes éternels. Tête d'or fut mis à la mer un jour par un homme qui écrivit en français avec génie, il y a sept ou huit ans, et qui depuis s'est tu.

Ecrit par : Paul Claudel | 27.11.2006

Que tous les assistants se taisent : nous faisons la purification des récoltes et des champs, suivant le rite transmis par nos aïeux antiques. Bacchus, viens, et que pende à tes cornes une douce grappe ; et toi, couronne d'épis tes tempes, Cérès ! En ce jour sacré que la terre se repose, que le laboureur se repose ; et que le soc suspendu cesse un travail pénible. Détachez les liens du joug : aujourd'hui les boeufs, la tête couronnée, doivent rester devant leurs crèches pleines. Que tous les instants soient consacrés aux dieux ; que nulle fileuse ne mette la main à sa tâche de laine. Et vous, allez-vous-en, je l'ordonne ; quittez ces autels, vous qui, la nuit dernière, avez goûté les joies de Vénus. La chasteté plaît aux Dieux d'en haut venez avec des vêtements purs, et, avec des mains pures, prenez l'eau d'une fontaine.

Ecrit par : Tibulle | 27.11.2006

J'aime beaucoup ce poème.
Il me rappelle un Narcisse qui disait Coucou du haut de son calice, prêt à compter fleurette aux Belles de jour comme à celles de nuit.

Ecrit par : Maglite | 27.11.2006

La digitale pourpre, épuisée de chaleur, proie d'un mirage indicible....
le diable l'avait quittée la veille.
L'impudeur indolente fracasse la lumière du jour.
Longue nuit étouffante d'insomnie,
quelques vagues,
mais l'iris s'ennuie dans son temple toute blancheur.
Dans sa vaste cellule Digitale solitaire,
lui offre une nuit câline,
bouche fougueuse et gourmande,
ainsi naissait la rose,
épineuse et grincheuse.

Ecrit par : azazel | 27.11.2006

Pour écrire ce genre de poésie il faut un grand talent.

En tout cas merci pour la découverte.

Ecrit par : Chris | 27.11.2006

Mais de rien chère Chris... Zazazelle, c'est encore magnifique ! Quelle classe ! Maggy-Light, vois ici, quelle joie ! Titebulle, Cloclo, sans blague !

Ne cessons jamais ici nos exclamations et jouissons, jouissons, soeurettes et hérons !

Ecrit par : p. | 29.11.2006

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