10.07.2007

Florian Laska, l'inspiré d'aquilon.

A qui ne se délecte pas déjà de ses "Petites pensées libertaires" quotidiennes, sur son blog, j'ai le bonheur de présenter FLORIAN LASKA, enfant d'Apollon favori du Parnasse, pour qui l'anarchisme n'est pas strictement un mot, une idée ou une pose, mais un sentier, la voie libertaire, la plus authentique, la plus poétique, la plus humaine et juste manière d'envisager, de penser la société en fonction de l’individu et non pas l’individu en fonction de la société. L’on s’en trouve, sinon à l’opposé, à une distance telle que pour atteindre ce qui paraît au plus grand nombre comme un inaccessible idéal, il nous faudrait, comme d’aucuns le pensent couramment, tout recommencer. Florian, plutôt que de se perdre en conjectures, se met illico à la tâche, et la lumière fût ! Sous forme d’un premier roman, son premier livre, Ailes et Serres, est l’ouverture d’une trilogie annoncée d’emblée.

Le prologue nous apprend que Dieu s’est révélé aux hommes. Rien que cela. Et que ceci a mis un joli bordel sur la Terre. Gouvernements et religions s'étant effondrés, l’embryon d’un nouveau monde eût à peine le temps de poindre qu’une minorité vorace, le Comité, reprît la Révélation à son compte, replongeant le tout dans une oppression pire que celle qui fut écrasée. C’est la fin de l’Histoire, et le début de ce roman qui ne manque ni d’inspiration, ni d’ambition, et dont le titre, Ailes et Serres, me fit immédiatement penser à la harpie héraldique, ce monstre hybride ailé composé d’un buste de femme et des attributs de l’aigle.

Mais, Florian Laska nous convie au Pérou et c’est un condor majestueux qui plane nonchalamment sur nos faces, certain de n’être jamais soumis à nos destins de rampants. L’on apprend le nom d’une vallée, Colca, perdue l’on ne sait où, qui recèle un trésor sous la forme d’un clan, une tribu de rescapés ignorant tout de l'effroi de la domination du pouvoir et du travail forcé. Une cité idéale se cachant au regard de tous depuis la Révélation, sous le sable rouge du désert préandin. Le bien-être règne, et c’est le seul à qui l’on accorde ce genre d’attitude. L'indignité de l’ancien monde n’a pour statut que celui de légende. Les générations se suivent, et oublient. Mais la curiosité demeure un bien joli défaut.

Le style sobre de Florian, basé sur un système à base trois, avance et marque le lecteur stratégiquement, en distillant sa philosophie avec mesure. On dirait qu'il est en guerre. Chaque paragraphe dispense le sens de ses visions. Car l'auteur est visionnaire et ne flâne pas. Il fond sur une proie qui n’est pas nous. Il suit la ligne de crête qui le mène à son objectif : détailler les incidences et les techniques de la Résistance, dépeindre les mécanismes de l’oppression, réapprendre à envisager à sa juste valeur la magie que recèle en soi l’objet « livre ». Ainsi, Florian invente des mystères, des souterrains dédaléens, une ville-machine contaminée, peuplée d’hommes-outils, de crasse et de mort. Il rend le portrait d’un pouvoir absolument mauvais, pleutre et violent, il y pose des êtres vivants, des éveillés qui doutent et refusent d'être les victimes. L’auteur lâchera même ses galions sur les océans, une Invincible Armada à la reconquête du monde asservi. Florian joue avec l'Histoire et ces symboles. Sa langue est une litanie du désert. Le texte est empli d'une sourde violence qui n'est pas implacable. Il répand de la chaux vive sur le cadavre des sociétés. Il dépeint les trajectoires tragiques de ses héros: un duo de frères, une gémellité, au sens antique, les deux faces d'une même tyrannie. Entre idéalisme et fantaisie héroïque, tout ici est dans l’ordre des symboles de la perte et du retour. Ailes et Serres est une épopée tragique et un traité de philosophie libertaire. Sa construction, son ampleur, le monde tentaculaire qu'il y déploie, sa complexité, sa cohérence, sa folie, me firent penser au cycle des Fondations de Isaac Asimov, bien qu'il ne s'agissent pas ici, à proprement parler, de science-fiction.

Florian Laska publie, à compte d'auteur, ce premier roman que j'ai eu le plaisir de lire, disons-le tout net, d'une traite, en une nuit. Dès ouvert, il pose un monde, l’on ne repose plus le livre. Comme tout bon suspense qui se respecte, l'on n'en pourra plus de ne pas vouloir en connaître ni les arcanes ni la fin. C'est exactement pour cette raison que j’attends, sans impatience mais de pied ferme, le deuxième volume de la trilogique saga. Pour que celle-ci existe, et pour mon bonheur personnel, mais oui, tendres lectrices à venir et chers lecteurs, il faut acheter Ailes et Serres, immédiatement, forcément immédiatement.

pierre duys
(qui, vous l'aurez remarqué, n’est pas critique littéraire pour un sous, mais pour un bon bouquin, pourquoi pas ?)


Extrait de Ailes et Serres :

Elle se faufilait. Elle rasait les murs crasseux, ou ce qu’il en restait. La graisse seule semblait les faire tenir encore. Elle ne regardait personne, et tout le monde la regardait. Car ils étaient partout. Elle ne regardait surtout pas les murs, ils avaient des yeux.

Sa concentration se fixait sur les petits berlingots d’eau entassés dans sa brouette de bois. Eviter les trous, dissimulés sous les flaques. Suivre les sillons des autres brouettes. Surtout ne pas les faire tomber. Sa journée serait perdue. Une journée perdue était un ventre vide.

Et puis elle ne pourrait plus passer. Pire, le fond pourrait céder.

Depuis qu’elle avait dix ans, elle distillait l’eau noire. Il n’y avait plus d’eau courante depuis longtemps, à Lima. Tout était devenu sale. Même la pluie. Sa mère ne savait faire que cela, elle le lui apprit donc. Elle disait qu’on aurait toujours besoin de boire. C’était un métier d’avenir. Et utile pour les gens, ajoutait-elle devant la moue de son enfant. Quand on était de petites gens, c’était appréciable de faire quelque chose de gratifiant.
Julia l’avait vite compris. Oui, c’était utile. Tout le monde buvait, et cela ouvrait les portes. Elle avait même livré les hauts miliciens, ce matin. Ceux-là étaient comme les autres, finalement. Ils buvaient au berlingot.

Il n’y avait que les membres du Comité pour avoir de l’eau fraîche. Ils la faisaient venir de la montagne, par barils. Quand les lamas ne pouvaient plus passer, c’était à dos d’homme qu’on la leur descendait. Ils avaient toujours vécu sur le dos des hommes. Ils les bâtaient, comme des bêtes. Ils les battaient, comme des hommes.

Cela avait toujours été comme ça. Depuis la nuit des temps.

Non, elle devait se reprendre, elle savait que c’était faux. Elle l’avait seulement toujours vécu. Et elle savait qu’ils mentaient. Sa grand-mère les avait même vus arriver. Ce n’était pas si loin. Ces gens-là n’étaient rien, avant. Ils étaient des voisins. Le livre le montrait suffisamment bien. Et aujourd’hui ils les traitaient en sous-hommes. Pourquoi ?

Ils avaient les armes. Donc le pouvoir.
Au fond, ils se donnaient trop de peine, de mentir. Ils n’auraient qu’à tirer, à la place. Mais ils avaient besoin des hommes. Quand on aime commander, il faut avoir quelqu’un pour obéir.

Et puis, qui reconstruirait les villes ?

Il fallait surtout sauver les apparences, faire illusion. Les armes, c’était pour les protéger, le pouvoir, pour les guider.
Elle ôta quelques secondes ses yeux des sachets de plastique, et regarda autour d’elle. Elle hocha la tête, goûtant peu l’ironie. La réalité était tellement nue qu’elle supportait encore moins les mensonges que ce qu’ils masquaient. Car en plus de les mépriser, ils les humiliaient.

Le peuple sentait tout cela. Et les maîtres le savaient bien. Mais ils voulaient tout de même le lui faire croire. Ils voulaient croire qu’il le croyait. Ils se mentaient aussi. C’était le menteur qui avait peur. Il pensait que l’exprimer était plus dangereux que la vérité elle-même.
Car seul l’aveugle pouvait ne pas la voir. Elle était là, toute sale, dans la rue, chez les gens. Et la peste n’en était pas la seule responsable.

Le peuple était fait d’imbéciles et de parasites, le Comité avait souhaité le leur faire comprendre en leur disant qu’ils étaient intelligents et importants. A force d’armes.
De qui les protégeait-il ? Il était leurs souffrances.

Vers où les guidait-il ? Anéantir signifie pousser vers le néant.
Dans le livre, la société d’avant n’était pas parfaite, mais elle ne pouvait être pire que celle-là. S’ils avaient su ! Les gens n’avaient pas pu tout détruire pour ça.

La porte était là, il fallait l’écarter. C’était une sorte de toile épaisse, transparente. On devait pouvoir observer les gens. Ce n’était pas parce qu’on avait accepté qu’ils aient un toit, qu’ils pouvaient faire n’importe quoi. Celui qui s’en serait senti gêné avait quelque chose à cacher. Alors les miliciens observaient.
Et puis, ce n’était pas « chez soi », c’était juste un endroit pour dormir.

Bien poser la brouette. Surtout qu’elle ne se renverse pas. Ne pas tout perdre maintenant.

Soudain, des mots crachés, aboyés, la fit sursauter :

« Où vas-tu par là, Julia ? »
Toutes les femmes à portée de voix s’étaient retournées. Toutes les femmes s’appelaient Julia. Depuis trois ou quatre générations, les filles qui naissaient à travers le monde devaient s’appeler Julia, Julie, ou July. Le Comité en avait décidé ainsi. Il avait dit que ce serait plus simple.

Et dans ce souci de simplification, les garçons s’appelleraient Julio. Ou Jules. Le Comité était plein de surprises.
Au fond, les deux branches du pouvoir, les Communistes et les Justiciers, avaient chacune atteint leurs buts : les hommes n’avaient plus droit à rien, et ils n’avaient plus aucun droit.

La façon même de marcher était réglementée. Trop vite, cela n’était pas normal : on n’avait aucune raison d’être en retard ; trop lentement, on se moquait du monde. Les lois prescrivaient la simplicité, la normalité: il fallait marcher normalement, et s’appeler simplement.
Mais cela ne voulait plus rien dire. Autant ne pas s’appeler. Autant s’appeler « eh ! ». Un nom, au bout d’un moment, définissait une personne. Il la personnalisait.

C’était bien le problème. Cela procédait du même principe. Dans sa magnanimité, le Comité permettait une appellation, mais, étant la même pour tous, elle humiliait plus encore. Tout le monde était pareil, mais on devait tous avoir le droit à un nom. On avait tous la même chose, partageait tous la même indigence, le même avilissement. Le même néant.
Oui, on était tous identiques. Le nom nous appelait, et nous le rappelait.

Dans sa perversité, le Comité avait toujours ce souci de l’apparence. Un nom comme avant, permis ; mais un nom comme maintenant, imposé.

Julia fit une moue. Cela lui était égal, au fond, ce n’était qu’une image de soi, un nom. Un mot n’était pas le gage de son existence. Quel que fût le nom qu’on lui aurait donné, car c’était toujours un autre qui vous donnait votre nom pour vous définir, oui, quel qu’il eût été, elle était elle. Bien autre chose qu’une interjection, qu’une consonance, elle était un être, une lutte, elle était Libertad.

Oui, mère, pensa-t-elle, cela était bien utile, de vendre de l’eau. Mais non, ce n’était pas un métier d’avenir : un jour, l’eau serait naturellement pure, et bue par tout le monde.

Mais en attendant, Libertad étant la seule à aller quelque part, c’était la Julia qui devait répondre.
« Livraison d’eau propre, camarade, dit-elle simplement.

- A qui ? répondit l’homme froidement.

- A une vieille.

- Tout ça ?

- La journée n’est pas finie. »
Maîtrisant leurs chevaux, ils soulevèrent les berlingots avec leurs triques. Puis ils descendirent. Comme tous les jours. Ils en prirent trois. Ils étaient trois. Ils la regardaient ; elle regardait la brouette. Le bruit de suçon qu’ils faisaient sur le plastique lui était odieux. Vulgaire. Les miliciens violaient les filles. Mais, au-delà de cela, ils obéissaient. Leur chef les appelait, on avait arrêté un séditieux.

Elle replaça la porte de toile derrière elle. Elle avait le mérite de protéger un peu du froid, l’hiver, si ce n’était l’intimité. Mais elle n’empêchait pas quelques rats de s’y insinuer, de temps en temps. Heureusement, ils se faisaient de plus en plus rares. On les avait presque tous éliminés. Ou bien ils se cachaient ailleurs, attendant des jours meilleurs.

Elle mit un œil au trou qui traversait le mur. Celui-là était le seul qu’on avait volontairement percé. Les autres provenaient d’anciens combats. Mais ils étaient si larges qu’on y aurait vu l’œil entier s’y poser. Et se mettre devant la toile pour regarder dehors vous aurait rendu suspect.

Personne ne semblait l’avoir suivie. Mais voyait-on ces gens-là ?

C’était un risque. Un de plus. On les avait acceptés. L’on mourrait ainsi, un jour ou l’autre. Mais debout.

Le choix était si simple ! Vivre longtemps, comme ces rats traqués. Ou mourir tôt, en homme fier. Ce n’était plus qu’une question de mathématiques, après. Plus ou moins de chiffres ajoutés à l’âge. Entre un chiffre et un rêve, ils avaient choisi.

Au fond, ce qu’avait révélé Dieu aux hommes, et que dans les veillées, les anciens, tout bas, apprenaient aux enfants, ne leur demandait rien d’autre que de lutter, de vivre pour quelque chose, puisque très bientôt, l’on mourrait pour rien.
Le message les convainquait de résister. Oui, c’était un message révolutionnaire, contre-révolutionnaire, et révolutionnaire encore. Jusqu’à la fin du cycle, jusqu’à la liberté des hommes. Il fallait juste savoir le lire.

On était tous semblables, et personne n’avait rien à perdre à mourir. Ni rien à gagner à vivre. Cette vie-là, en tous cas.

Mais combien une vie belle, libre, passionnée, devait être difficile à quitter ! Comme elle aurait préféré la regretter, la vie, plutôt que de la subir, et partir sans peine !

Libertad avait décidé de troquer des remords pour des regrets, si la chance le lui permettait un jour. Car le passage signifierait alors qu’il fut beau. Que voulait-on que l’on pleurât sur ce quai-là, au grand départ ?
Le seul droit qu’avaient les gens était la vie, mais seule la mort leur apporterait celui d’être en paix, et libres. Car on savait que ce sommeil-là était le seul qui serait profond, soulagé des incessantes interruptions à coups de crosse, entre deux rêves. Plus d’ordres, hurlés aux oreilles, plus de crachats, coulant sur le visage.

Plus de sensation, plus de concession, plus de honte. Alors la mort rendait fort dans cette lutte pour la vie.

Oui, les anciens, dans les veillées, sans s’en douter, résistaient. Le Comité n’avait-il pas interdit de parler de la Révélation ? De l’évoquer même ? N’était-ce pas une preuve ?

Mais ses membres, n’en parlaient-ils pas à leurs enfants ? Que leur disaient-ils donc aux veillées ? Y avait-il seulement des veillées, chez eux ? Y avait-il des enfants ? S’appelaient-ils Jules, ou Julie ? N’étaient-ils pas comme les autres hommes ? Et où étaient-ce chez eux ?

Libertad disait qu’il y avait deux races d’hommes sur terre. Ceux qui se cachaient, et ceux qui surveillaient. Ceux qui rêvaient, et ceux qui réveillaient. Ceux qui étaient terrorisés, et ceux qui avaient peur.
« Les as-tu ? fit soudain une voix familière.

- Oui, Alma.

- Apporte-les, s’il te plait. Il faut les vérifier. Ils doivent être propres. »

Libertad fit longer les murs à la brouette, contourna la maigre table, lui fit descendre une étroite planche posée sur les marches, et l’immobilisa devant une vieille femme encapuchonnée.

Celle-ci prit un berlingot. Peut-être avaient-ils été comptés. Elle rendait grâce aux quelques dents qui avaient accepté pour quelque temps encore de mourir dans sa bouche. Elles lui permettaient d’obtenir le filet d’eau attendu.

La jeune fille était retournée au mur, et en retirait déjà son œil. Elle emprunta le même chemin, descendit les marches, déposa une couverture à côté de la brouette, en empoigna fermement les bras, et la fit basculer.
Le rituel pouvait se poursuivre. Le loquet, le double fond, l’apparition du trésor.

Une vingtaine d’exemplaires, bien ficelés, y étaient soigneusement fixés.

La vieille femme en prit un. Ses doigts noueux retournaient respectueusement l’arme dans tous les sens. Elle était grave. C’était les munitions qu’elle attendait.

Les livres étaient arrivés !


Florian Laska

11:00 Ecrit par piotrevski dans Essaimage | Commentaires (11)

Commentaires

C'est vrai que cela a l'air bien. Ambiance sombre tout de même. Quelle genre d'épopée ?

Ecrit par : LilyK | 10.07.2007

"Le choix était si simple ! Vivre longtemps, comme ces rats traqués. Ou mourir tôt, en homme fier. Ce n’était plus qu’une question de mathématiques, après."


Un peu comme ici. Sauf la traque.

Ecrit par : Jeff | 10.07.2007

Ach ! Du lourd com' j'aime.

Je vais me pendre tiens, tellement c'est bon.

Ecrit par : Evil Robert | 10.07.2007

Bon, les garces, les ptis gars, j'avais fait un effort, mais si vous continuez, je ne réponds plus de moi:



« La princesse de Lamballe »
Née à Turin en 1749, veuve un an à peine après son mariage, elle devint surintendante de la maison de la reine Marie-Antoinette - dont elle était l’amie dévouée - en 1774.

Enfermée par la Convention à la prison de la Force, elle fut tuée lors des massacres de la nuit du 2 au 3 septembre 1792. Elle avait vécu dans la frivolité et c'était son droit le plus strict. Par contre elle sut mourir avec noblesse, pour avoir refusé de jurer haine à la Reine et au Roi. Elle était de toute façon condamnée, et peut-être le duc d'Orléans y était-il pour quelque chose.

Sur l'appel de Marat, les « enragés de Paris », assoiffés de sang, sont devenus incontrôlables.

La princesse de Lamballe a été massacrée à la prison de la « Force » au cours de la nuit et la seule évocation de sa mort atroce nous fait encore frémir : « brutalement violée par plusieurs de ces « loqueteux », après avoir subi de nombreux autres sévices, elle est décapitée au couteau sur une borne de la rue Pavée (quartier du Marais). Le corps de la confidente de Marie-Antoinette monstrueusement mutilé a été traîné par les jambes jusqu'au temple par une bande de « vauriens » ivres de haine, dont un ébéniste de la rue du Faubourg Saint-Antoine, un tabletier de la rue Popincourt, un canonnier de la section de Montreuil et un jeune tambour du quartier des Halles.

Devant eux, d'autres « enragés » agitaient un lambeau de sa chemise ensanglantée, pendant que d’autres brandissaient, au bout d'une pique, la tête sanguinolente de la princesse de Lamballe sous les fenêtres de la cellule où la famille royale était enfermée. C'est le spectacle effroyable que ces « chiens » avaient réservé à la reine. Les commissaires de garde n'ont pu empêcher cette réjouissance sanglante de venir brailler jusqu'au pied de la tour et réclamer la reine à la croisée.

Tel est le sort particulièrement cruel qui a été reservé à cette femme de quarante trois ans et qui était, de l'avis de son entourage, la bonté même.

Gérard Briffoteaux

Ecrit par : piotrasse | 10.07.2007

"Ni l'état, ni sa souveraineté ne sont une fin en eux-mêmes, mais sont au service de l'homme et limités par les droits de l'homme" du Bordelais Montesquieu, Esprit des Lois.

Ecrit par : Evil Robert | 10.07.2007

Je reste coi.
Les vents froids d'Aquilon m'empêchent de parler.
Lylik, je laisse le soin à Piotr de t'en décrire "l'épopée". A moins qu'une louve de notre connaissance désire s'y lancer...

Evil, attend, pour te pendre. Tu ne crois pas si bien dire...

Ecrit par : florian | 10.07.2007

Florian, je suis pas bonne pour ça. Suis mise à quià. J'ignore comment décrire à quelqu'un ce que me fait vivre un livre. Lire...C'est le plus bel exil que je connaisse, et, exil ici dans ma langue = voyage confortable, pas fuite.

On dirait que les livres que je lis, je les sauvegarde dans mon compartiment mutisme, pour être seule avec les pages. Je suis du genre à reniffler l'encre, à caresser les feuilles, à pleurer de joie, à sourire, à rager, à craindre les derniers mots, c'est à dire la fin de ma faim.



Piotrevski, cher, vous n'êtes pas critique littéraire mais bon sang que vous vous y prenez bien ici.

Ecrit par : Nina louVe | 10.07.2007

Ah bah Merci ! Lorsqu'on aime, c'est facile.

Ecrit par : piotrevski | 10.07.2007

merci Piotr pour le "filon", tu sais que je suis toujours à la recherche de livres....
quand à la science-fiction ,j'en ai beaucoup lu et l'autre jour avec quelques amis comme moi, nous nous disions que sérieusement ce qu'on avait lu et qu'on croyait et disait impossible, a été dépassé par la réalité de ce que l'on observe actuellement.
salut piotri, je vais de ce pas chez Florian

Ecrit par : azazel | 10.07.2007

Dans ce cas-ci, si la réalité dépasse la fiction, on est mal, je te jure, Mazazel ! Moi, je vais de ce pas chez toi.

Décrire... Ben non, faut lire ma LilyK, je vois pas d'autre solution que de le commander illico, ce bel ouvrage.

Ecrit par : piotrevski | 10.07.2007

j'ai dit merci.

p'têtre qu'y faudrait plusssssssssssssssssssssssssssssssssssss ?

gRRrrr r R R ...... j'sais pâs comment...

ni pour Les Dauphins Ivres ,

ni pour Ailes et Serres

ainsi ça ira ? AU MÊME SIÈCLE, EN MÊME TEMPS, PARFAITS BONHEURS

Ecrit par : Nina louVe | 11.07.2007

Écrire un commentaire