09.07.2007
L'adieu à la nymphe

Il y a longtemps que nous avons vaincu la mort. Il y a si longtemps, que nous avons oublié que ce ne fut pas un miracle, un hasard tout au plus, et des millénaires d'ironie effacés d'un seul trait, un long trait d'une coupe trop pleine.
Il a sans doute suffit que quelqu'un ose, par dépit sûrement, quand plus rien de la vie ne le faisait sourire. C'était là, à portée d'évidence, et il ou elle a tendu l'esprit. Je l'imagine sans peine: "plus cette vie, pas la mort", et l'univers s'est ouvert, parce que c'était lui ou elle, parce que son cerveau était formé à résoudre des équations biophysiques sans avenir, parce que son corps réclamait la Métamorphose et qu'il ou elle l'écoutait avec attention.
Un déclic pour débarasser l'enthropie de l'anthropie.
Il existe un début et une fin à toute chose, mais ni commencement, ni aboutissement, juste une respiration: concentration, expansion, contraction, expansion. Le tout qui se fait et se défait est indépendant des riens qui le composent et qu'il transforme, toujours, sans les annihiler. Depuis quand le savions-nous? Depuis quand l'observions-nous à toutes les étapes de la cosmogonie?
De l'infiniment petit à l'infiniment grand, le fini s'organise pour évoluer, pour se transcender, pour INfinir. Et nous nous sommes cru différents. Nous avons prétendu âtre achevé, poussant l'arrogance jusqu'à promouvoir nos limites comme l'expresion d'une merveilleuse fatalité. C'était la mort qui nous rendait supérieurs.
Mais la mort n'existe pas. Elle était le fruit de cette supériorité, l'art de perdurer sans grandir, la capacité de se figer. Quand tout se meut.
Il ou elle a dû bien rire.
Moi, j'aurais bien ri.
"Mes frères, mes soeurs, mes parents, mes aïeux... vous êtes morts pour rien. Ce n'était pas la peine, vraiment."
Oui, j'en rirais encore.
Il a sans doute suffit que quelqu'un ose, par dépit sûrement, quand plus rien de la vie ne le faisait sourire. C'était là, à portée d'évidence, et il ou elle a tendu l'esprit. Je l'imagine sans peine: "plus cette vie, pas la mort", et l'univers s'est ouvert, parce que c'était lui ou elle, parce que son cerveau était formé à résoudre des équations biophysiques sans avenir, parce que son corps réclamait la Métamorphose et qu'il ou elle l'écoutait avec attention.
Un déclic pour débarasser l'enthropie de l'anthropie.
Il existe un début et une fin à toute chose, mais ni commencement, ni aboutissement, juste une respiration: concentration, expansion, contraction, expansion. Le tout qui se fait et se défait est indépendant des riens qui le composent et qu'il transforme, toujours, sans les annihiler. Depuis quand le savions-nous? Depuis quand l'observions-nous à toutes les étapes de la cosmogonie?
De l'infiniment petit à l'infiniment grand, le fini s'organise pour évoluer, pour se transcender, pour INfinir. Et nous nous sommes cru différents. Nous avons prétendu âtre achevé, poussant l'arrogance jusqu'à promouvoir nos limites comme l'expresion d'une merveilleuse fatalité. C'était la mort qui nous rendait supérieurs.
Mais la mort n'existe pas. Elle était le fruit de cette supériorité, l'art de perdurer sans grandir, la capacité de se figer. Quand tout se meut.
Il ou elle a dû bien rire.
Moi, j'aurais bien ri.
"Mes frères, mes soeurs, mes parents, mes aïeux... vous êtes morts pour rien. Ce n'était pas la peine, vraiment."
Oui, j'en rirais encore.
texte: Ayerdhal
illustration: Jeremy Lipking
11:10 Ecrit par piotrevski dans Temps Mêlés | Commentaires (5)





Commentaires
je ne dirais jamais adieu aux nymphes…
Ecrit par : yoyostereo™ | 09.07.2007
;-)
Salut yoyo, on se croise souvent, de-ci, de-là, silencieux mais attentifs.
L'adieu à la nymphe est le titre d'un texte plus long, que je trouve touchant, paru dans cette anthologie de science-fiction: "Le futur a déjà commencé", aux Etonnants Voyageurs.
peace & love man
Ecrit par : pierre | 09.07.2007
j'irais pousser une chansonnette sur ma tombe, à ciel ouvert sinon j'etouffe moi !
bises lubnatiques
que deviens-tu ? les dents te poussent-elles en dedans de la gorge ? j'ai vu un renard passé , je ne vois point de pierre à jeter.
dis piotr, on se fait une moules frites 12 C 4 ?
zoubs !
Ecrit par : Lubna | 10.07.2007
sans déconner tu m'as mis dans tes liens comme ça en loucedé?!!
t'es un amour
pour moi je dois dire c'est un peu la consécration, le fruit de mois et d'années d'efforts
je revis!
Ecrit par : S. | 11.07.2007
salope ! A l'affût de savoir qui t'aime hein ! MAis viens dnas mes bras ma grande !
C coco qu'est pas content !
T'as vu, j'ai fait le ménage, touillé dans les coins, ravalé le machin, toussa quoi, j'ose pas repeindre, ou alors je change tout, je disparais, et recommence ailleurs, autrement, plus trash, l'impression fugace de s'être embourgeoisé. Cendrars, tout de même ! Ya des machins plus contemporains, tu crois pas !?
Ecrit par : piotrevski | 11.07.2007
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