29.08.2007
Le marxisme et l'Occident vus par un chef indien
TOUJOURS LA MEME RENGAINE
onzième et dernière partie
lire depuis le début
Par Russel Means
Je crois au slogan «Faisons confiance à nos frères », quoique j'aimerais ajouter les soeurs dans la balance. J'ai confiance dans la vision du monde fondée sur la communauté et les cultures de tous les groupes ethniques, les nations qui spontanément résistent à l'industrialisation et à l'extinction de l'humanité. Évidemment, des individus « blancs» peuvent partager cela avec nous, à condition qu'ils aient atteint la connaissance que la continuation des impératifs industriels de l'Occident n'est pas une vue de l'esprit, mais un suicide pour l'cspèce humaine. Le blanc est une des couleurs sacrées du peuple lakota : rouge, jaune, blanc et noir. Les quatre points cardinaux. Les quatre saisons. Les quatre périodes de la vie et de l'âge. Les quatre races de l'humanité. Mélangez du rouge, du jaune, du blanc et du noir, ensemble et vous obtenez du brun, la couleur de la cinquième race. Cela est dans l'ordre naturel des choses. C'est pourquoi il me semble naturel que toutes les races travaillent ensemble, chacune conservant ses propres significations, identité et message.
Mais les « Européens» ont une conduite particulière. Dès que je commence à critiquer l'Europe (ou l'Occident) et son impact sur les autres cultures, ils sont sur la défensive. Ils commencent à se défendre eux-mêmes. Mais je ne suis pas en train de les accuser individuellement. J'attaque l'Oceident. En personnalisant mes observations sur l'Occident, ils personnalisent la culture occidentale, en s'y identiGant eux-mêmes, et en se défendant de la sorte, ils ne font Gnalement que défendre cette culture mortifère. C'est une confusion qui doit être dépassée et vite. Aucun d'entre nous n'a d'énergie à perdre dans de tels faux combats.
Les Européens ont une vision plus positive à offrir à l'humanité que la culture occidentale, je le crois. Mais pour se réapproprier cette vision du monde, il kur est nécessaire de s'extraire pour un temps de la culture occidentale - du côté du reste de l'humanité _ pour regarder l'Occident pour ce qu'il est et ce qu'il fait. Se rattacher au capitalisme, au marxisme et autres « ismes » équivaut simplement à rester dans le cadre de la culturc occidentale. On n'échappe pas à ce fait fondamental! Comme tout fait, cela correspond à un choix. Comprenez que le choix est fondé sur le mode de pensée et non sur la race. Comprencz que choisir la culture occidentale et l'industrialisme équivaut à choisir d'être mon enncmi. Ce choix est le vôtre, ce n'est pas le mien.
Cela me ramène à ceux des Amérindiens qui dérivent dans cs univcrsités, les taudis des villes et autres institutions occidentales. Si vous y êtes pour apprendre à résister à l'oppresseur en accord avec vos voies traditionnelles, alors restez-y! le ne sais pas comment vous vous débrouillez pour combiner les deux facteurs, mais vous réussirez peut-être. Mais n'oubliez pas votre perception de la réalité. Faites attention à ne pas commencer à penser que c monde blanc offre aujourd'hui des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Faites attention aussi à ce que cs mots employés par cs peuples autochtones ne soient pas tournés à l'avantage de nos ennemis. L'Occident a inventé la pratique de retourner le sens des mots. Vous devriez seulement considérer cs traités établis entre les peuples amérindiens et les différents gouvernements européens, ou d'origine européenne pour savoir ee qu'est la vérité des faits. Tirez votre force de votre identité.
Le renversement des mots va bon train aujourd'hui, cela ne s'est jamais arrêté. C'est pourquoi lorsque j'ai pris la paroc à Genève, en Suisse, au sujet de la colonisation des peuples autochtones dans cette partie de l'Amérique de l'hémisphère Nord, j'ai été faussement présenté comme un « gauchiste» par certains militants blancs. C'est pourquoi certains idiots sont crus par quelques têtes vides lorsqu'ils désignent les militants indiens comme « marxistes-léninistes ». C'est pourquoi certains groupes de la gauche « blanche » croient qu'ils partagent nos valeurs tout en rejetant en pratique ces mêmes valeurs à chaque tournant. Une culture qui confond constamment révolution avec continuation, qui confond science et religion, qui confond révolte et résistance, n'a rien d'utile à vous apprendre, n'a rien à vous offrir comme mode de vie. Il s'est passé du temps depuis que les Occidentaux ont perdu tout contact avec la réalité, si tant est qu'ils aient été un jour en contact avec elle. Soyez désolés pour eux si vous en ressentez le besoin, mais soyez à l'aise avec vous-mêmes en tant qu'Amérindien.
Bon, je suppose que je dois conclure. Je veux dire clairement qu'entraîner quiconque vers le marxisme est la dernière chose qui vienne à l'esprit. Le marxisme est étranger à ma culture tout comme le capitalisme et la chrétienté. En fait, je peux dire que je ne pense pas altirer quiconque vers quoi que ce soit. D'une certaine façon, j'ai essayé d'être un « leader » dans le sens où les médias occidentaux aiment à utiliser ce terme lorsque le Mouvement des Indiens d'Amérique - AIM _ était une jeune organisation. C'était la conséquence d'une confusion qui n'existe plus. Vous ne pouvez pas être tout pour qui que ce soit. Je ne souhaite pas être traité de celte façon par mes ennemis, je ne suis pas un « leader », je suis un patriote Lakota Oglala. C'est tout ce que je souhaite et ai besoin d'être. Et je suis très à l'aise avec ce que Je SUIS.
1980. Traduction: Daniel Guerrier
Note:
Russell Means, Lakota Oglala (les Indiens Lakota correspondent à la nation Siou, Siou étant le terme employé par leurs ennemis, et les Oglala en sont une des tribus), fut le cofondateur avec Dennis Banks du Mouvement des Indiens d'Amérique (AIM) en 1968. Depuis il a joué un rôle majeur dans des événements tels que l'occupation en 1972 par l'ATM du bâtiment du Bureau des affaires indiennes à Washington (De), l'occupation de Wounded Knee en 1973 et l'organisation en 1980 du Yellow Thunder Camp dans les Black Hills (South Dakota). Il est régulièrement un candidat à la présidence du gouvernement de la réserve Oglala de Pine Ridge dans le Sud-Dakota. Il a lu sa contribution comme discours d'ouverture le deuxième jour du Black Hills Survival Gathering à Rapid City (South Dakota) en 1980. Depuis la communication de Means a été publiée sous différents titres: _ sous le titre original utilisé ici, en septembre 1980, dans le Lakota Eyapaha (Pine Ridge - South Dakota) ; _ sous le titre « Le marxisme est une tradition européenne» dans l'édition 1980 de Akwasasne Notes (nation iroquoise mohawk - État de New York); _ sous le titre «Pour que le monde vive, l'Europe doit mourir» en décembre 1980 dans la revue Mother Jones; _ sous le titre original, et dans la version qui a donné lieu à la présente traduction, dans le livre !.I01xisme et autochtones américains édité en 1983 par Ward Churchill - South End Press, 302 Colombus AUC Boston MA 02116, p. 19-33 _, ouvrage collectif provoqué par le rassemblement Black Hills Survival à Rapid City en 1980 et comprenant les contributions des intervenants suivants: Russell Ivleans, Winona LaduKe, Vine Deloria Jr., Frank Black Elk, Elisabeth Lloyd, Bill Tab, Dora Lee Larson, Robert Sipe, the Revolutionary Communist Party, Phil Heiple et Ward Churchill (adresse coordinateur: Ward Churchill, Boulder, Colorado). Le parti communiste révolutionnaire (RCP) (marxiste-léniniste) a ouvert une polémique féroce à la suite de la communication de Russell Means. Son texte « A la recherche de la deuxième moisson» est paru dans son organe théorique RevolutionOl)' Worker et est inclus dans l'ouvrage cité ci-dessus «( La deuxième moisson» correspond à la pratique traditionnelle des peuples « primitifs» de rechercher à nouveau les céréales non digérées dans les déjections humaines pour compléter leur nourriture dans les périodes de famine - définition donnée par le RCP (sic !).
Note du traducteur: les termes Europe et Européens constamment employés par R. Means ont été souvent remplacés par Occident et Occidentaux de façon à rendre l'argumentation plus claire. Certes, en employant le mot « Européens» Y compris pour les Américains blancs, R. Means veut leur dénier le fait d'être américains au sens strict et montrer par là leur origine étrangère. Mais la culture occidentale ne peut plus être réduite aujourd'hui à la seule culture européenne. De même, R. Means emploie le terme « Caucasien» pour signifier blanc sur le plan génétique; nous Y avons préféré le terme Blanc et dans quelques cas « Aryen ». Les connotations de tous ces termes semblent très différentes pour R. Means, les Améridiens et le lecteur ici en France, d'où cette liberté prise par le traducteur.
in. La Revue du M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
1990
11:30 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, politique, mémoire, communisme, capitalisme, anarchisme
13.08.2007
La salariat a ceci d'avantageux sur l'esclavage...
par Didier Lacapelle, sur Economie et archimagie
" Le contrat de travail est réglementairement un renoncement du salarié d'une part de sa liberté en échange d'un salaire. Keynes a évoqué la nécessité d'octroyer aux travailleurs le juste nécessaire afin de renouveler la force de travail. Le salariat a d'ailleurs un avantage sur l'esclavage : le patron n'a plus le besoin d'organiser le gîte et le couvert; il reporte le travail de recherche de nourriture et d'un logement sur le salarié lui-même, ainsi que le risque de ne pas réussir dans cette entreprise.
Similairement, la violence des particuliers est délégitimée par un prétendu contrat. Il y a rarement émergence d'une violence de particuliers dans une société non-violente et harmonieuse. La violence des privés et le plus souvent une réaction à la domination politique dont ils sont l'objet, bien que le discours camoufle les mécanismes de domination. Historiquement l'Etat est un instrument de domination pour la classe dominante. Malin, il précise même les mécanismes par lesquels la contestation peut s'exprimer : les élections, le droit de grève limité, la manifestation autorisée. Et le raisonnement implicite que le peuple doit adopter est le suivant : un pouvoir qui organise sa propre contestation ne peut pas être délégitimé. On oublie bien sûr le corollaire non dit : les moyens de contestation qu'il autorise ne peuvent pas le renverser. Et s'il advenait qu'on le renverse (cela arrive parfois dans certains pays d'Amérique latine ou d'Afrique), il s'autoriserait tous les moyens qu'il avait proscrit pour se rétablir.
On ajoute à cela un discours prétendant faire du capitalisme la fin de l'histoire. Il serait inutile de le combattre, parce qu'il n'existerait rien par quoi le remplacer. La paresse intellectuelle et l'ignorance font même que certains font croire que capitalisme est synonyme d'économie : pour eux, acheter et vendre signifie adhérer à des principes capitalistes.
Quelles sont les positions de combat qui restent ? "
12:05 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (118) | Envoyer cette note | Tags : politique, anarchisme, société, philosophie, démocratie
27.07.2007
Louis Calaferte, l'homme intact ou la Sainte Horreur de l'esprit Bourgeois.
"État : Gangstérisme officialisé."
"Les idéologies m'importent peu.
Je suis du côté de la dignité de l'homme."
"Ou le siècle à venir sera celui du refus,
ou il ne sera qu'espace carcéral."
00:05 Publié dans Temps Mêlés | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : poésie, anarchisme, transgression, politique, littérature, poème, pornographie
14.07.2007
Je vous parle d'un autre monde, le vôtre
22:15 Publié dans Symptôme | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, littérature, poèmes, anarchisme, sexe, dada
Manifeste cannibal dada
21:00 Publié dans Symptôme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, littérature, poèmes, anarchisme, dada
Waf waf wax-O-Waf
"Le rire peut être subversif. C’est aussi une source gratuite de plaisir, un échange qui célèbre spontanément l’humanité des rieurs et crée un lien, une complicité. Le rire témoigne d’une intelligence, d’un esprit subtil, capable de faire des liens. Et puis la prise de conscience se doit d’être joyeuse et joviale : vivante." Dissidence.org
20:51 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, littérature, poèmes, blabla de fille, sexe, anarchisme
Le marxisme et l'Occident vus par un chef indien
TOUJOURS LA MEME RENGAINE dixième partie lire depuis le début lire la neuvième partie Par Russel Means
12:20 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, politique, mémoire, communisme, capitalisme, anarchisme
10.07.2007
Florian Laska, l'inspiré d'aquilon.
11:00 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, littérature, poèmes, édition, anarchisme, libertaire
28.07.2006
Libéralisme
Edward Goldsmith nous en livre une synthèse qui se passe de commentaires : « Le commerce mondial a été multiplié par onze depuis 1950 et la croissance économique par cinq et pourtant au cours de cette période, il y a eu un accroissement sans précédent de la pauvreté, du chômage, de la désintégration sociale et de la destruction de l'environnement. Il n'y a donc pas de preuve que le commerce ou le développement économique soient d'une grande valeur pour l'humanité.» En cela, rien d’étonnant donc à ce que les valeurs libérales soient, prioritairement à toutes autres, la cible des critiques que l'on adresse aux dirigeants des sociétés, des états, qui se contorsionnent de mensonges en mensonges afin de continuer coûte que coûte à défendre cette philosophie mortifère basée sur les rapports de force, la défense des intérêts personnels, la violence, les inégalités, comble de tout, au nom de leur dieu Liberté. Mais "leur" liberté ne va pas dans le sens d'une liberté plus grande de penser par soi-même, ni de plus de justice, ni de se libérer du joug des Phynances, des tabous, du temps, des contraintes, leur liberté est comptable, c'est une liberté d'épicier, une liberté qui vomit l'état, disant: laisse-moi enculer mes enfants chez moi et je te laisse faire ce que tu veux des tiens, chez toi, j'éxagère à peine, c'est l'anarchie dans ce qu'elle a de crétin, c'est à dire comprise par des gosses, des ignares. Leur liberté, c'est dire: merde, je suis kanmême le plus gros, je peux kanmême faire ce que je veux, merde, merde à ces sales fonctionnaires qui foutent, on le sait bien, hein, rien, merde à l'état qui nous emmerde, quoi. Eh bien, non, la liberté individuelle est garantie par le droit. Elle n'est ni communiste, ni fasciste, ni libérale, elle est démocrate. Le libéralisme est contre la démocratie car la démocratie c'est le parlement: le vote et le dialogue et le droit. On comprend bien les multinationales, tout pôle de pouvoir, rêvant de légiférer dans leurs enceintes, leurs usines, leurs bureaux; on comprend bien que les "entreprises" veuillent jouir des prérogatives de l'état: diriger comme elles l'entendent leurs petits nenfants, charitablement soutenir leurs vieux, de la naissance à la mort, "leurs" employés, "leurs" gens... Moyen-âgeux: administrer leurs gens tenus par le bout de la survie. Eh bien, j'ai un rêve, mais oui, j'ai un rêve que j'ai mis en pratique, j'ai un rêve depuis que je suis bébé, oh je devais avoir 17 ans lorsque j'ai appris qu'il y avait, dans certaines banques, une circulaire qui, mais oui, circulait, et savez-vous ce qu'elle disait? Elle disait que selon des critères, selon certains critères (je vous les donne en mille: la nationalité -remarquez qu'on ne dit plus race- le pays d'origine, le sexe et l'âge), de ces critères qui limitent l'acces à tels "produits", types de comptes, avantages, enfin bref... Ce racisme institutionalisé, développé dans le sein privé des boîtes privées, bien planqué sous le silence complice. Ces pratiques m'ont, depuis toujours, fait vomir. Et voulez-vous savoir pourquoi cela me fait vomir? Eh bien, je vais vous le dire, bande de voyeurs assoiffés de détails personnels, parce que mes vieux, et leur chien de merde naturellement dressé pour attaquer les coupes afros, je vous jure, étaient des petits blancs et que, dès l'âge de raison, je veux dire, dès que je fus assez mûr pour ressentir ce malaise (je devais avoir dans les six ans, oui, je fus précoce en tout, eh oui, je sais, ça t'emmerde, mais c'est comme ça), ce malaise de les voir se comporter de la sorte avec les "autres" (de quelle sorte? Mais ce mépris de merde, ma conne, mais oui, cette supériorité des petites gens incultes hantés par leurs complexes) eh bien, depuis ce temps -que je ne regrette pour rien au monde-, je rêve de façon plus ou moins confuse qu'un employé de banque, que tous les employés, bordel! Les ouvriers, crachent à la gueule de leur chefaillon, se lèvent de leur guichet de paille, sortent violemment de leur aquarium à tanches et démissionnent sur le champ sans manquer de faire savoir au monde entier les raisons solidaires et humanistes de leur démission. Oh, je sais, il y a pléthore de connards racistes, on appuie d'ailleurs dessus dès qu'on peut, mais il y a autant de naïfs humanistes antifascistes et il s'agit de diffuser parmi les chefaillons la honte des idées dont ils se font les propagandistes et de les mettre au pied du mur et de même chez les flics et de même partout, les administrations, les bureaux, les médias, les usines. Et voilà comment on y arrive, plus personne à mettre au pas. Fini d'avoir peur. Tout le monde au chômage. Distribuez la Phynance, c'est le fruit de notre travail, celui de notre force physique, de notre intelligence, celle de nos ancêtres, nos frères morts, c'est notre temps, c'est tout cela qui fant notre fortune. De quel droit inique, parce que vous possédez un paquet de fric, vous permettez-vous de nous dominer, de nous voler, de nous exploiter? De quel droit? Le droit du plus fort? De celui qui porte les armes, qui dresse les chiens, les milices? Nous ne défilerons plus, nous resterons assis, jusqu'à l'heure du partage équitable et vous savez que nous sommes les plus forts, nombreux et intelligents. La masse, comme vous dites, est faite d'individus intelligents. Et vous nous craignez. Nous ne demandons pas que vous le redistribuiez, notre fric, nous quittons vos clapiers. Faites-les tourner, vos usines, avec vos milliards en action et vous verrez bien qui, du fric ou de notre intelligence est le plus nécessaire à notre richesse, oui, notre richesse, pas la vôtre. Et vous comprendrez qui, du fric ou de notre intelligence, est la Richesse, la vraie. Ces salopards, ses consortiums de salopards, ces prédateurs, ont trafiqué le langage. Il existe ces officines spécialistes du langage, de la propagande, eh bien merde! Non! Pas tous beuglant dans la rue, pas de slogan, tous au pieu, baiser, dormir et se marrer de les voir bouffer leur pognon et leurs ordinateurs. Car c'est sans doute impressionnant, durant un temps, de défiler dans les rues, puis cela ravive les émotions, on se sent forts, ensemble, mais c'est un accomodement du pourvoir, une fuite supplémentaire dans le réservoir de notre Richesse. Au lendemain, chantant ou pas, le monde est à son poste, prêt à produire. Et je vais vous dire aussi que parce que je suis un mec bien, et sans doute le mec bien le plus bien que vous n'avez jamais même imaginé (mais oui), je mets en pratique mes idées et je vis de la sorte. Jamais, jamais par moi n'est passé, ne passera une idée, un ordre, une attitude, une manière, un mot qui ne se déploie à l'encontre du respect, de la fraternité, de la solidarité, du droit à chacun d'exister dans la dignité. Et je peux vous dire que j'en ai quitté des postes. Du grand théâtre et leurs mines penaudes d'enfanteaux pris en flagrand délit de saloperie. Ils se sentent puissants jusqu'à ce qu'on leur démontre leur lâcheté, et là, ils s'écroulent comme des merdes molles et se vengent, c'est tout ce qu'ils peuvent faire pour se rassurer d'être les vecteurs de la merde, car au fond, bien entendu, ils savent. C'est toute la signification du bisutage. Le bisutage est général, quotidien, entre gens de la même espèce, contre les "autres". Ils sont les ordures flamboyantes légitimées par leur fric et je suis l'imbécile. Peut-être, mais je reste digne et je suis heureux. Ils se resserrent en se reservant du pied de porc et détruisent ce qui ne leur ressemble pas, des enfanteaux, vous dis-je, dans la cour de récré. L'imbécile, le bouc, on le plante et on se marre. Grégaires petits fétus de paille. L'injustice ne passera pas par moi. Et non pas seulement parce que j'en ai été victime, c'est une question éthique. Ce qui me désole? C'est qu'elle passe par vous. C'est même ce qui me désole le plus, la victime se fait bourrelle, euh, non, ça, c'est le commissaire... la victime se fait bourreau et c'est ce qui fait que, parfois, je prends, vis-àvis de vous, un peu de distance. Bande de lâches.
16:05 Publié dans Symptôme | Lien permanent | Commentaires (93) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, politique, révolution, libéralisme, capitalisme, anarchisme
26.07.2006
Le marxisme et l'Occident vus par un chef indien
TOUJOURS LA MEME RENGAINE
neuvième partie
lire depuis le début
Par Russel Means
Ramenée à ses propositions de base, la croyance occidentale incluant la nouvelle croyance en la scicnce -équivaut en une foi en un homme naturellement bon. L'Occident a toujours cherché un messie, que ce soit en l'homme Jésus-Christ, en l'homme Karl Marx, ou l'homme Albert Einstein. Les Amérindiens savent que c'est totalement absurde. Les êtres humains sont les plus faibles de toutes les créatures, si faibles que d'autres créatures sont prêtes à leur donner leur chair pour qu'ils puissent vivre.
Mais la rationalité est une malédiction à partir du moment où elle conduit des humains à oublier l'ordre naturel des choses, à un point tel qu'aucunc aulre créature ne le fait. Un loup n'oublie jamais sa place dans l'ordre naturel. Les Indiens peuvent l'oublier parfois. Les Occidentaux s'emparent de la viande comme d'un simple dû et considèrent le cerf comme être inférieur. Après tout, les Occidentaux se considèrent eux-mêmes tout-puissants comme des dieux par leur rationalisme et leur science. Tout-puissant est l'Etre suprême, tout le reste doit être inférieur. Ainsi la capacité occidentale de créer des déséquilibres ne connait pas de limites.
Toute la tradition de la pensée occidentale, marxisme inclus, a conspiré pour braver l'ordre naturel de toute chose. La terre-mère a été insultée, les forces naturelles ont été offensées, et cela ne peut pas continuer toujours, aucune théorie ne peut rien y changer. La terre-mère va exercer des représailles, l'environnement global va réagir et les offenseurs seront éliminés. Les choses suivent le cercle. Retour au point de départ. Cela est révolution. C'est la prophétie de mon peuple, du peuple Hopi et de tous les autres peuples sensés.
Les Amérindiens ont essayé d'expliquer cela aux Occidentaux durant des siècles. Mais, comme je l'ai dit auparavant, ceux-ci ont fait la preuve qu'ils étaient incapables d'écouter. L'ordre naturel vaincra et les offenseurs seront à nouveau éliminés. Les cerf meurent lorsqu'ils brisent l'équilibre en surpeuplant une région donnée. Il n'y a qu'une question de temps avant que ce que les Occidentaux appellent «une catastrophe majeure des proportions globales» ne survienne. Ce sera la fonction des peuples amérindiens, de tous les «naturels» de survivre. Une partie de notre lutte pour la survie est de résister. Nous résistons, non pas pour renverser un gouvernement ou pour prendre le pouvoir politique, mais parce qu'il est naturel de résister à l'extermination, de survivre... Nous ne voulons pas le pouvoir dans les institutions des Blancs, nous voulons que celles-ci disparaissent. Cela est révolution.
Les Indiens maintiennent les relations avec ces réalités, les prophéties, les traditions de nos ancêtres. Nous apprenons de nos anciens, de la nature, des forces naturelles. Et lorsque la catastrophe sera passée, nous, Indiens, nous serons toujours là pour habiter ce continent. Cela me soucie peu si c'est seulement une poignée d'Indiens dans les Andes, le peuple amérindien survivra et l'harmonie sera rétablie. Cela est révolution. (à suivre)
in. La Revue du M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
1990
14:45 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, politique, mémoire, communisme, capitalisme, anarchisme






