17.12.2007

change-toi toi-même !

Devenu, à coups de drille dans le suif, son propre géniteur. Ruiner le saindoux. Je me suis forgé, flambergé, vidé des substances réflexives. J'ai délimité mon île, nommé mes continents, jalonné la navigation. Je me suis dégrossi, affiné puis poli. J'ai pris possession de mes terres incultes. J'y ai planté des oriflammes, sculpté des digues, équilibré des marées, étagé des sphères, raboté des cubes. J'ai oeuvré seul. Je fus intraitable, acharné, irréductible, désobéissant, infatigable, farouche, incurable, indépendant, égotiste. Alors seulement vint le temps - désintéressé - d'agir dans le monde. Cette liberté pensable désormais.
 
 

28.09.2007

Lubine et cueille

Goût l'ayant calice

Yallah yallali

Pyramidasse mirage occis

Temps forage lefofo

Rat bois rosier mû

...

Attention

... 

Ventistillation

... 

Raide sous trac

Toison griffe poulette

(prisant girollette)

Aux ânes vits des mânes

peinturluritatives

gougoutte à ton chat

Manchette sanglu plié

... 

Ovide aussi son seske

A fleur de ton sachet

Cul vache en foin

...

Casse bivisse ta race

Au bord d'émois routés

... 

Ressacs ta mère en slip

... 

Parce que ta liberté me dripidule grave

...

Je hurle

... 

Fesses aux clopes, hinistrisé

 

 

 Tire la floche, et c'est lumière

 

 

... 

 

 

 

txt: pierre duys 

27.07.2007

Louis Calaferte, l'homme intact ou la Sainte Horreur de l'esprit Bourgeois.


"État : Gangstérisme officialisé.

"Les idéologies m'importent peu.

Je suis du côté de la dignité de l'homme."

"Ou le siècle à venir sera celui du refus,

ou il ne sera qu'espace carcéral."


 
C’est volontairement que je me suis jeté dans le vide depuis le toit de la plus haute maison de notre petite ville. Ma chute a été si lente qu’il s’est écoulé bien des années avant que, me retrouvant au sol sans apparente blessure, j’apprenne ce qu’il était entre-temps advenu des miens - mon épouse devenue folle de chagrin, mes deux fils ayant, presque coup sur coup, trouvé la mort dans des accidents de la rue ; quant à mon employeur, avec lequel j’entretenais des rapports plus amicaux que professionnels, contrairement à ce qu’eût pu laisser supposer son tempérament jovial et son goût de la plaisanterie qui, parfois, m’exaspérait, force me fut de reconnaître qu’il avait sans raison explicable mis fin à ses jours en se pendant …” 
 
"Poésie : Musique intime."
 
 
hommage de Pierre Assouline à Louis Calaferte ici, La république des livres

21.06.2007

Poésie d'amour valable pour l'épouse habituelle de l'artiste

(Suite aux réclamations de bergères insoumises que les grosses pattes astringentes et les lourdes idées du sieur piotrevski agaçaient, voici enfin un peu de poésie, de légèreté, disons simplement du pur bonheur. Merci de votre attention. clap clap clap)
A mon bien Viens mon bateau, mon coussinet, ma bulle. Le soir s'étend. La betterave luit. Viens au logis pour le conciliabule. Viens écumer ta soupe au bigoudis. Le drap houleux qui songe à la défense De la Patrie, aux abois chaque jours, Attend le don de tes protubérences, Ô ma jument, mon drapeau, mes amours!
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Paul Colinet (1898-1957)
Paul Colinet, qui décrivait ses oeuvres comme un "petit catalogue buissonnier de secrets plaisirs", s'impose à tous les amateurs de nonsense comme le bon génie belge des poèmes et des contes qui ne mènent nulle part. Voici comment son ami Louis Scutenaire le présente dans la préface qu'il a consacrée à ses Oeuvres: "(...) 30 années durant Paul Colinet a poursuivi dans l'obscur une entreprise poétique dont la témérité n'a été approchée que par Lao-Tseu. Par lui, le langage éclate, renaît, à la fois bonheur, violence et révélation, écrasement du langage méthode-outil, du langage déjà exsangue mais déjà mortifère. D'une sûreté incomparable, l'oeuvre de Colinet par son humour, abolit les plus étonnantes réussites du genre. Si nous sommes joyeux de son ludisme, nous savons que son nom est virulence tendre. Né en 1898 sous le signe du taureau dans le village picard d'Arquennes, de parents vivant des carrières de pierre, Paul Colinet perdit son père très jeune, dut quitter l'école pour gagner son pain pendant qu'il étudiait la comptabilité, ce qui le conduisit à devenir le plus expert des fonctionnaires de l'administration d'un faubourg de Bruxelles. Ce n'est pas là le moindre étonnement ressenti en face de ce personnage étrange qui à la fois résolvait les difficultés bureaucratiques les plus abstruses et "écoutait aux poutres"! Il est mort en 1957." Louis Scutenaire (in Monsieur Paul)
CHANSON POUR ESSUYER METICULEUSMENT SES PIEDS SUR LE PAILLASSON Atlas brasse sa mélasse Atlas brasse ses rideaux Atlas casse un bout de tasse Atlas passe sur la pot Atlas tasse la carcasse Atlas tasse le fagot Atlas lasse la filasse Atlas masse le marmot Paul Colinet

14.05.2007

Les dauphins ivres

Vos papiers ! Vous êtes Belge ? Oui, mais j’ai faim, dans deux jours je serai à la rue, je crois le propriétaire lorsqu’il affirme qu’il expulsera mes affaires. La madame te dit d’attendre. Elle n’y peut rien, c’est normal, où sont tes papiers en règle ? On les appelle des sans-papiers, ils sillonnent les allées mourantes à la fin du marché, en face du Théâtre municipal, le samedi matin. Tu trouveras peut-être de quoi subsister. Fruits et légumes, rebuts maraîchers, concurrence des mouettes et leur infecte habitude de s’agglutiner à la nourriture. Le soleil aiguillonne des nuages. Tes pas écrasent la pluie. Tu évites la vitrine de la boulangerie. En très très gros plan : le dernier paquet de spaghetti dans ton placard vide. Ne pas l’ouvrir. Pas déjà. Pas maintenant. Frigo débranché depuis des semaines. Cette maison te nie. Tu rejoins la pièce minuscule de laquelle tu n’es pas sorti depuis un an. Tu as renoncé à chercher du travail. On n’a besoin de toi nulle part. Le désert. Tes envies évaporées depuis belle lurette. Tu y songes devant l’air moqueur des tours de la centrale de police. Absolument trouver la force d’entreprendre les démarches adéquates, il faut se confronter, c’est l’occasion de témoigner, cette résistance te pousse en avant. Jeunes femmes charmantes. Au VDAB, c’est l’office pour l’emploi, on t’inscrit comme demandeur d’emploi. — On va faire un petit entretien et un petit test de langue, dit Zora. — Mais si, vous parlez très bien, oppose-t-elle à mes doutes, je comprends tout ce que vous me dites, alors... Dans quelle langue parlons-nous à votre avis ? Il faut avoir un tout petit peu confiance en soi pour retrouver du travail. Combien vous mettez-vous, sur cinq, en néerlandais ? — Trois ? — Ah non monsieur, moi je vous mets un grand cinq ! (Elle note un grand cinq.) Bon, que faites-vous, que savez-vous faire, je veux dire dans la vie, votre métier, on va remplir une fiche, vous allez me dire vos compétences, on va vous inscrire et dès lors vous pourrez vous inscrire à l’OCMW. Vous êtes inscrit à la Commune ? Non ?! Mais, vous devez vous inscrire à la Commune, d’abord, pour vous inscrire ici ! Ces inscriptions me filent mal au crâne. — La Commune dit de commencer ici. — Pardon ? Et la mutuelle, avez-vous une assurance mutuelle ? Vous n’en avez jamais eu. Alors ça ! J’aimerais pas être à votre place. Cela va vous coûter cher. Vous cotisez un peu tard tout de même. À votre âge, des gens contribuent depuis longtemps. J’abrège, je salue, je sauve ma peau et ma santé mentale.
pierre duys

13.05.2007

Devoir décrire

J'ai en horreur d'être assis sur mon cul. Je préfère gambader. En vadrouille, sifflant sous les merles, des mots sautillent alentours qui s'asseoient sur mes épaules; ils ne me lâchent pas jusqu'à ce que je les couche quelque part.

12.05.2007

Crisse chienne

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Yves barré
Adorons, adorons, mes burettes, le petit trou du cul du canidé chiant des crottounettes en croix ! (Inspiré de la jolie note chez l'ami Yves (complètement) Barré - on n'a pas dû te la faire souvent celle-là! -)

11.05.2007

pourquoi, diable, voulaient-ils qu'on se trompe avec eux?

On me l'avait dit je l'avais lu pas écouté fais gaffe ! ici c’est hypocrite jouer le jeu, tu n'auras que cela à faire on appelle ça réussir ton existence on ne te le dira qu’une fois, gaffe ! au moment où le gars dit, je me souviens, j'ai pas dix ans, c'est plié, évident, j'irai à pieds. Les airs affairé, dépité, coincé, barbare, conquérant, ils avaient. Je me demandais : pourquoi se débattent-ils? Je voyais bien qu'ils passaient tout ce temps à faire croire. Des mimes. A faire croire aux autres qu'ils contenaient la situation, qu'ils tenaient la barre. De temps, ils ne s'en servaient pas pour développer la moindre petite parcelle de lucidité. On s'arrose de postillons gras, surtout, surtout, on ne sort pas du sillon. Intellectuellement, des bêtes. Réflexifs. En vie. Voilà. Acteurs des modèles consacrés. Affairés au sein d'eux. Ils n'eurent pas l'idée de penser rien. Le quotidien. La réalité est la réalité. Pas la peine d'en discuter. "Tu crois tout de même pas que t'es en démocratie ici, tu seras en démocratie quand tu gagneras ta croûte, alors tu feras ce que tu voudras, en attendant, tu te soumets." Leur conception du monde. Construire, obéir, parader, prier que cela ne se voit pas, tricher. La Loi est faite pour être détournée. La Loi. Se foutre sur la gueule. Méprise, malentendus, intimes parcs déréglés, avidité. Les prédateurs et les victimes. Monde binaire. Toi, petit, tu es victime. Les prédateurs sont innocents. Pas une brassée de recul. Ils se rangent à l'évidence. Rien de moins fou qu'un assassin. Tu es sur ma route, je t’en dégage. Les assassins ne sont pas des fous. Rien de plus humain qu'un assassin. Rien de plus logique. Tu m’empêches, je te tue. La justice est forcément divine. Il n'y en a point sur terre. Dès lors, point non plus d'injustice. Causeries, poses, allégations, mensonges. J’allai à bonne école. Ces salauds, dans le genre, quels phénomènes! Ils causaient d'argent et de choses et de standing et de veaux d'or; des voisins, ces crétins, ce qu'ils disaient d'eux, leurs possessions, ce manque de classe. Faire la liste de ceux dont ils allaient tirer du blé. Les pigeons, les autres. Je ne comprends toujours pas. A mon âge. N'est-ce pas malheureux? Je ne veux pas comprendre. Je ne veux pas me charger de cela. Ce ne sont pas mes valises. Ils se taperaient les couilles au béton, je ne filerais pas de ce coton-là. Dingue: avoir des neurones en trop et ne pas voir le bon plaisir à niquer les voisins? Ils auraient pu faire de moi un ministre! Au moins. Un roi! Leur complexe, je servais de malle à leurs déficiences. Je suis nettement plus intelligent que Bill Portes lui-même. M'a-t-on dit. On croirait pas, hein ? Ils m'ont fait examiner. La science a tranché, mon pote. Cela les a rendu fou. Non plus avocat mais batonnier, président! Alors. Alors, pourquoi ne pas hurler avec les loups ? Des gens abjects, des ahuris confondant tout. Et, avant tout, le mépris qu'ils ont pour ce qui n'est pas de "leur monde". Le mépris qu'ils ont pour eux-mêmes. Cette vague de fond qui les ronge. Le mépris. La sublime impuissance à transformer le quotidien par d'autres biais que ceux de meurtres successifs. Des névrosés - type classique - chopés comme des mouches dans la glue qui unit leur fantasme d'hyperpuissance et la réalité de leur infirmité. Infécondité, inhibition, insuffisance, misère psychique, ignorances et bornes. Rendus hargneux, immortels, paranos: élévation sociale relative. On dirait des beaufs. Ce serait faire trop d'honneur. Des ordures, platement. Les adultes sont tellement cons. Quelle est la valeur de la liberté si les fous sont libres de réduire en esclavage quiconque ne les suit dans leur nécrose? Il n'est pas question de classe contre classe, il est question de santé mentale. Les plus hautes responsabilités sont rendues aux plus insanes ambitieux. Moi, tu penses, pas fou pour un sou, j'ai pris la tangente rapide. Les poses étriquées, les platitudes, les rages, ils les endosseraient seuls. Quoi de pire que d'octroyer à un salaud une seule raison de se déployer? Il n'hésite pas: il voit cette arme, il te tue. Le fascisme n'est-ce pas cela, le mépris institutionnalisé? La civilisation ne fait que rendre la guerre plus symbolique. On te tue, symboliquement. Civilisation de morts-vivants. Ce n'est pas que les populations soient prêtes ou non au fascisme. C'est qu'elles le pratiquent. Le mépris comme mode quotidien non seulement de gouvernance mais d'existence. Si tu as l'occasion d'arnaquer ton voisin, fils de pute, tu n'hésites pas un instant, c'est la vie! Je le sais, tu le sais, on le sait tous. Seize ans de tôle. A huit ans je disais: je me casse de cette baraque de fous. Et, je l’ai fait. A plusieurs reprises. A huit ans. C'est dire l'ambiance générale. Il n'était pas question que j'en sois. Je ne ferais pas partie de ce clan. Je ne serais pas ce salaud. Ils avaient élevé un chien pour attaquer les chevelus et les nègres. Ce sont leurs termes. Je te jure, c’est vrai. Ils le lâchaient dans la rue, l'air de rien, quand ils voyaient "un specimen". Ce sont leurs termes. Je te jure. Ils décelaient leur identité à l'encontre de celle des autres, bien incapables d'en construire une par eux-mêmes. Je les trouvais beaux, moi, ces gens de côté. Les fleurs, les cheveux, la danse, la fumée. La solidarité, les fringues élégantes. Ils ne se glorifiaient pas de leur souffrance, ils ne s'en faisaient pas des dieux, ils traitaient le monde à distance, respectueux. Ils ne se flagellaient ni ne palabraient à geindre ni à plaindre les plus faibles ni à tourmenter. Je trouvais ça chaud, moi, mes poteaux, mes enfants fleurs. Je laisserais les fous se bouffer, se mordre, s'assommer en choeur. Nous, on vivrait sans remords. On aimerait sans frais de port. On aurait pas peur. Sans y penser. Vivre, mourir, en paix, serait notre dignité. On m'avait dit: tu ne seras jamais rentier, on te déshéritera, si tu continues de refuser, on va te casser. Tu resteras seul. A quarante ans, ce sera moins drôle, tu sais. Les femmes aiment l’argent, le confort. Comment vivre sans femme? Ni confort ni famille? Le niveau de leur questionnement m'effarait. Sans toi, famille, cette ordure. Tu perdras tes dents, tes amis, tu dormiras dehors, assisté, dépendant, c'est ce que tu veux ? Aucune dignité ? Je ne mets pas ma dignité dans ce que je possède. Je ne veux rien posséder, ni personne. Je ne suis aps à vendre. Je n'ai rien à vendre. Je donne. Depuis, j'ai toujours donné. Tiens, mange! Mange des vitamines! Des oranges Mon ami Me disait l’édenté Je me verrais matin. J'aurais bonne mine. Je regarderais, apaisé, éthéré, le monde. Ma joie, ils me la feraient payer. Je disais: pas nous, c'est pas possible, je suis bon, je les aime. Pas cru mon georges ni mon léo ni mon boris, je ne voulais pas croire que ces bonnes gens manquaient à ce point d’humanité, d'imagination. Oooooooh oui! Cette vacuité, foutrement certains de posséder leur destin. La Vérité: leur souffrance. Me le faire payer très très chers… Tu suis le mouvement ou tu déguerpis Glapissent-ils, tu boiras ta pisse, morveux, c'est l'armée qu'il te faut, métisse, pour t'apprendre à vivre mieux. Le vieux la vieille les génisses géniteurs éducateurs, ces caves s'octroient, de force et de fait, pouvoir sur ta pomme, parce qu’ils sont là, tu leur appartiens, leur chair pourrissante, la jalousie des vieux, la merde des vieux fuyants, leurs doigts rances enfoncent tes espérances. Te faire à leur image : raide, rigide, aigrie. Y'a pas d’raison qu’il n'y ait qu’eux qui en bavent. TU PLIES OU TU TE BARRES ON TE CASSE TU PAIERAS TA MUTINERIE GROS DEGUEULASSE MES TRES TRES TRES CHERS... COMPATRIOTES. EH BIEN, VOUS SAVEZ QUOI ? JE NE VOUS EN VEUX NI NE VOUS PLAINS J'AI DES AMIS DANS LES BOIS QUI N'ONT NI LOI NI FOI NI ROI
pierre duys

10.05.2007

pourquoi, diable, voulaient-ils qu'on fasse comme eux?

C'est que, tu vois, quand je suis paresse, je suis très paresse, et quand je suis grise mine, je suis reclus, et les coups de pieds au Q je les évite et m'en gausse; en ce moment, je compose. pierre duys

09.05.2007

Pourquoi, diable, voulaient-ils me voir debout?

Cette délivrance. Ne plus avoir envie. D'aucuns disent le paradis. Nirvana ? Je ne veux pas de souvenir. pierre duys