29.08.2007
Le marxisme et l'Occident vus par un chef indien
TOUJOURS LA MEME RENGAINE
onzième et dernière partie
lire depuis le début
Par Russel Means
Je crois au slogan «Faisons confiance à nos frères », quoique j'aimerais ajouter les soeurs dans la balance. J'ai confiance dans la vision du monde fondée sur la communauté et les cultures de tous les groupes ethniques, les nations qui spontanément résistent à l'industrialisation et à l'extinction de l'humanité. Évidemment, des individus « blancs» peuvent partager cela avec nous, à condition qu'ils aient atteint la connaissance que la continuation des impératifs industriels de l'Occident n'est pas une vue de l'esprit, mais un suicide pour l'cspèce humaine. Le blanc est une des couleurs sacrées du peuple lakota : rouge, jaune, blanc et noir. Les quatre points cardinaux. Les quatre saisons. Les quatre périodes de la vie et de l'âge. Les quatre races de l'humanité. Mélangez du rouge, du jaune, du blanc et du noir, ensemble et vous obtenez du brun, la couleur de la cinquième race. Cela est dans l'ordre naturel des choses. C'est pourquoi il me semble naturel que toutes les races travaillent ensemble, chacune conservant ses propres significations, identité et message.
Mais les « Européens» ont une conduite particulière. Dès que je commence à critiquer l'Europe (ou l'Occident) et son impact sur les autres cultures, ils sont sur la défensive. Ils commencent à se défendre eux-mêmes. Mais je ne suis pas en train de les accuser individuellement. J'attaque l'Oceident. En personnalisant mes observations sur l'Occident, ils personnalisent la culture occidentale, en s'y identiGant eux-mêmes, et en se défendant de la sorte, ils ne font Gnalement que défendre cette culture mortifère. C'est une confusion qui doit être dépassée et vite. Aucun d'entre nous n'a d'énergie à perdre dans de tels faux combats.
Les Européens ont une vision plus positive à offrir à l'humanité que la culture occidentale, je le crois. Mais pour se réapproprier cette vision du monde, il kur est nécessaire de s'extraire pour un temps de la culture occidentale - du côté du reste de l'humanité _ pour regarder l'Occident pour ce qu'il est et ce qu'il fait. Se rattacher au capitalisme, au marxisme et autres « ismes » équivaut simplement à rester dans le cadre de la culturc occidentale. On n'échappe pas à ce fait fondamental! Comme tout fait, cela correspond à un choix. Comprenez que le choix est fondé sur le mode de pensée et non sur la race. Comprencz que choisir la culture occidentale et l'industrialisme équivaut à choisir d'être mon enncmi. Ce choix est le vôtre, ce n'est pas le mien.
Cela me ramène à ceux des Amérindiens qui dérivent dans cs univcrsités, les taudis des villes et autres institutions occidentales. Si vous y êtes pour apprendre à résister à l'oppresseur en accord avec vos voies traditionnelles, alors restez-y! le ne sais pas comment vous vous débrouillez pour combiner les deux facteurs, mais vous réussirez peut-être. Mais n'oubliez pas votre perception de la réalité. Faites attention à ne pas commencer à penser que c monde blanc offre aujourd'hui des solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Faites attention aussi à ce que cs mots employés par cs peuples autochtones ne soient pas tournés à l'avantage de nos ennemis. L'Occident a inventé la pratique de retourner le sens des mots. Vous devriez seulement considérer cs traités établis entre les peuples amérindiens et les différents gouvernements européens, ou d'origine européenne pour savoir ee qu'est la vérité des faits. Tirez votre force de votre identité.
Le renversement des mots va bon train aujourd'hui, cela ne s'est jamais arrêté. C'est pourquoi lorsque j'ai pris la paroc à Genève, en Suisse, au sujet de la colonisation des peuples autochtones dans cette partie de l'Amérique de l'hémisphère Nord, j'ai été faussement présenté comme un « gauchiste» par certains militants blancs. C'est pourquoi certains idiots sont crus par quelques têtes vides lorsqu'ils désignent les militants indiens comme « marxistes-léninistes ». C'est pourquoi certains groupes de la gauche « blanche » croient qu'ils partagent nos valeurs tout en rejetant en pratique ces mêmes valeurs à chaque tournant. Une culture qui confond constamment révolution avec continuation, qui confond science et religion, qui confond révolte et résistance, n'a rien d'utile à vous apprendre, n'a rien à vous offrir comme mode de vie. Il s'est passé du temps depuis que les Occidentaux ont perdu tout contact avec la réalité, si tant est qu'ils aient été un jour en contact avec elle. Soyez désolés pour eux si vous en ressentez le besoin, mais soyez à l'aise avec vous-mêmes en tant qu'Amérindien.
Bon, je suppose que je dois conclure. Je veux dire clairement qu'entraîner quiconque vers le marxisme est la dernière chose qui vienne à l'esprit. Le marxisme est étranger à ma culture tout comme le capitalisme et la chrétienté. En fait, je peux dire que je ne pense pas altirer quiconque vers quoi que ce soit. D'une certaine façon, j'ai essayé d'être un « leader » dans le sens où les médias occidentaux aiment à utiliser ce terme lorsque le Mouvement des Indiens d'Amérique - AIM _ était une jeune organisation. C'était la conséquence d'une confusion qui n'existe plus. Vous ne pouvez pas être tout pour qui que ce soit. Je ne souhaite pas être traité de celte façon par mes ennemis, je ne suis pas un « leader », je suis un patriote Lakota Oglala. C'est tout ce que je souhaite et ai besoin d'être. Et je suis très à l'aise avec ce que Je SUIS.
1980. Traduction: Daniel Guerrier
Note:
Russell Means, Lakota Oglala (les Indiens Lakota correspondent à la nation Siou, Siou étant le terme employé par leurs ennemis, et les Oglala en sont une des tribus), fut le cofondateur avec Dennis Banks du Mouvement des Indiens d'Amérique (AIM) en 1968. Depuis il a joué un rôle majeur dans des événements tels que l'occupation en 1972 par l'ATM du bâtiment du Bureau des affaires indiennes à Washington (De), l'occupation de Wounded Knee en 1973 et l'organisation en 1980 du Yellow Thunder Camp dans les Black Hills (South Dakota). Il est régulièrement un candidat à la présidence du gouvernement de la réserve Oglala de Pine Ridge dans le Sud-Dakota. Il a lu sa contribution comme discours d'ouverture le deuxième jour du Black Hills Survival Gathering à Rapid City (South Dakota) en 1980. Depuis la communication de Means a été publiée sous différents titres: _ sous le titre original utilisé ici, en septembre 1980, dans le Lakota Eyapaha (Pine Ridge - South Dakota) ; _ sous le titre « Le marxisme est une tradition européenne» dans l'édition 1980 de Akwasasne Notes (nation iroquoise mohawk - État de New York); _ sous le titre «Pour que le monde vive, l'Europe doit mourir» en décembre 1980 dans la revue Mother Jones; _ sous le titre original, et dans la version qui a donné lieu à la présente traduction, dans le livre !.I01xisme et autochtones américains édité en 1983 par Ward Churchill - South End Press, 302 Colombus AUC Boston MA 02116, p. 19-33 _, ouvrage collectif provoqué par le rassemblement Black Hills Survival à Rapid City en 1980 et comprenant les contributions des intervenants suivants: Russell Ivleans, Winona LaduKe, Vine Deloria Jr., Frank Black Elk, Elisabeth Lloyd, Bill Tab, Dora Lee Larson, Robert Sipe, the Revolutionary Communist Party, Phil Heiple et Ward Churchill (adresse coordinateur: Ward Churchill, Boulder, Colorado). Le parti communiste révolutionnaire (RCP) (marxiste-léniniste) a ouvert une polémique féroce à la suite de la communication de Russell Means. Son texte « A la recherche de la deuxième moisson» est paru dans son organe théorique RevolutionOl)' Worker et est inclus dans l'ouvrage cité ci-dessus «( La deuxième moisson» correspond à la pratique traditionnelle des peuples « primitifs» de rechercher à nouveau les céréales non digérées dans les déjections humaines pour compléter leur nourriture dans les périodes de famine - définition donnée par le RCP (sic !).
Note du traducteur: les termes Europe et Européens constamment employés par R. Means ont été souvent remplacés par Occident et Occidentaux de façon à rendre l'argumentation plus claire. Certes, en employant le mot « Européens» Y compris pour les Américains blancs, R. Means veut leur dénier le fait d'être américains au sens strict et montrer par là leur origine étrangère. Mais la culture occidentale ne peut plus être réduite aujourd'hui à la seule culture européenne. De même, R. Means emploie le terme « Caucasien» pour signifier blanc sur le plan génétique; nous Y avons préféré le terme Blanc et dans quelques cas « Aryen ». Les connotations de tous ces termes semblent très différentes pour R. Means, les Améridiens et le lecteur ici en France, d'où cette liberté prise par le traducteur.
in. La Revue du M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)
1990
11:30 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, politique, mémoire, communisme, capitalisme, anarchisme
14.07.2007
Le marxisme et l'Occident vus par un chef indien
TOUJOURS LA MEME RENGAINE dixième partie lire depuis le début lire la neuvième partie Par Russel Means
12:20 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, politique, mémoire, communisme, capitalisme, anarchisme
01.12.2006
Les Dauphins Ivres

15:10 Publié dans Dauphins ivres - extraits | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note | Tags : poème, poésie politique, littérature, écriture, poésie, politique, Anvers
04.11.2006
Les Dauphins Ivres - extrait
On vit à chaud, dans les boutiques, les rues, les familles, le quotidien, l’actualité, le Proche-Orient, la tension, les attentats. Palestine, Israël, Irak, Tchétchénie, on s’en ressent ici. Pour bien visualiser la situation : le quartier juif, la voie ferrée, Borgerokko. Sur le parvis de la gare : Chinois, Pakistanais, Africains, Turcs, Albanais, Indiens, Libanais, Marocains, Serbes, j’en oublie. Casinos pour demi-riches et cages à putes. Le zoo. Les Flamands tracent vers les voies. Les boutiques d’or et de diamants ne sont pas des palaces. Chacun le même espace imbriqué dans la gare. C’est le tourisme de l’or. On sort du train, on lèche Pelikaanstraat et on revient. La rue la plus gardée au monde, dit-on. Un hold-up du siècle chaque décennie. Nous avons eu droit à un hold-up du siècle il y a quelques mois. Cloisons, caméras. Galeries, tunnels : ce chantier gigantesque à étages, les voies adéquates pour recevoir le TGV. Les galeries souterraines sont prisées par les raveurs. Des grues font d'interminables croix dans la nuit. Des guirlandes, c’est Noël, les rendent fantomatiques. Des slogans aux façades, sous les passerelles : la Belgique c’est que de la merde, vive le Maroc. Les juifs ne se nourrissent que de fric. Génial. Stickers AEL, couleur Palestine. Au coin, le coiffeur sénégalais. Des boubous serrent des mains. Des imams tapinent. C’est vendredi, c’est jour de mosquée. De jeunes gars arguent des gestes embarrassés. Termes rituels et distinctions salutaires, il faut se montrer bons musulmans. Regards secrets, on doit être vus. Sourires aux lèvres, hypocrites, on se tâte. Respectent-ils ces corbeaux ? Je dis en passant Croa, Croa, Croa. « De même que la chenille choisit les plus belles feuilles pour y déposer ses œufs, de même le prêtre dépose sa malédiction sur les plus belles joies. » (William Blake) (Les Dauphins ivres: à paraître le 25 novembre) Les dauphins ivres
12:45 Publié dans Dauphins ivres - extraits | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, Anvers, Belgique
09.10.2006
V.b. barst!
Ils sont tous contents, ils ont tous gagné. Ils ont - ils le disent - fait reculer les fascistes. Cela ne les dérange pas vraiment qu'en des villes principales un gnome sur quatre "émet un vote de contestation". Ils notent que là où les fachos ont présenté des listes nouvelles, là où jusqu'ici ils n'étaient pas, vingt pourcent de crétins les plébiscitent. On se gargarise, on s'ébroue, on dénoue la cravate en se dédouanant, on se dore la pillule amère, se ruant sur les micros, liesses factices et choses tendues. Grand-Place d'Anvers, hier soir, des cars de télévision démultiplient les images sous leurs loupiotes astigmates, des gens éclusent des stellas au pied des façades gothiques, les étendarts silencieux gobent la sentence et les sentencieux. Des gens sont venus. Ce ne sont pas les fascistes. Ceux-ci, par couples et clans distendus, traversent la place sans se poser. Une luma zyeute la foule en plânant, on se demande. Les résultats se font langussants. On palpe le pouls des canards. Des mouettes défaillent. Il y aurait un bug, on enverrait les programmes adéquats. Il faut qu'on s'en sorte. Les rayons ultimes d'un triste automne miroitent sur un fleuve absorbant qui bouillonne. Je vois déjà le brouillard, j'entends déjà les prophètes, les apôtres coquelets qui s'égratignent médiatiquement. Oh! Ces pauvres gens obligés de publier leur curriculum et de passer leurs entretiens tous les six ans sous le regard avare de badauds délirants en attente du sang. Et quel renouveau! Ah, non, là, c'est certain, c'est un cap que nous passons. La stagnation du vote facho. Le renouveau du socialo. L'irrémédiable chuchotement des écolos qui, peu à peu, s'entassent. Le grand retour des cathos. Quel chemin parcouru depuis le Boerenbond. Mes amis, je vous le dis, cela pue pue pue le pouark. (un autre son de cloche: Le Soir)
14:35 Publié dans Essaimage | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, politique, et grincements de dents
24.09.2006
Périmètre critique
Ce sera sujet à de chouettes conversations sur le rôle des médias et la maturité du public. Ce qu’il faut voir et ne pas voir. En aucun cas cette partie de bite au cul ne sera sujet jugé propice. Quelle hypocrisie! On peut tout montrer mais pas la bite. C'est sale la bite. Tout, mais pas de pénétration, c'est honteux la pénétration.

16:25 Publié dans Symptôme | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, humour, religion, pornographie
21.09.2006
Je répète: Une couille dans le potage
Marvin, quelle joie d’avoir un instant vaincu ta tristesse, quel bonheur de te sentir vide jusqu’à l’immatérialité! Non pas ce vide encombrant, enivrant ou délirant, mais vacuités aériennes et pompages occultes qui t’élèvent, t’élancent, pulsent pulpes et salaisons, saveurs d'huis, et caetera... Ces restes te rendent aussi léger que tu fus bovin dans l’affliction.
09:05 Publié dans Cadences | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, érostisme, humour
09.09.2006
Boire et foutre zéro deux
Pomplages, librations, visclosités, BOIRE et FOUTRE, une édition, une cheverue, un amazling maglazine qui suce à sec les hyproclites, les glimaciers, les culetons en bleauté, gazelles défilantes le fion romplu, les échattiers du scrandale, les crultivatleurs paranoïdes de plucerons pleureux, plisseux frascistes, inclultes flouteurs de marde, gromalisateurs, préalistes de camptoir, grignards pathologiques, trifouilleurs, minis esprits complexés, nationalismes recroquevillés, remueurs de vases, dilapidatiteurs, frigorigides libertarostres, vasteux mémorilès, camploteurs de vivirium, nous vous sucrerons les braises jusqu’à la trombe pour qu’en fin de jet, à l’extriction de brave claustrique, vous gisiez dans nosses mârais, romplus aux exersaucices de nos vistelles, bande de culs-serrés de merde.
17:54 Publié dans Maboulisme | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, littérature, érotisme, poésie
05.09.2006
Atelier VIII
Remarque préliminaire: Au fil de la conception, je publie en partie certains textes qui seront ou pas dans le bouquin... note après parution: La plupart de ce que vous lirez ici n' a PAS ETE RETENU, je l'ai coupé sans concession, le but étant d'arriver à l'épure, à dire au plus juste et beaucoup de ce qui se retrouve ici valaient surtout pour considérations et ratiocinations vagues et futiles... Bref, ici, l'on se trouve, un peu, dans l'atelier du livre. Il y a trois ans, Berlusconi et ses équipes dépêchèrent sous plis plastifiés, lettre personnalisée adjointe, à chaque Italien, leur propagande sous la forme d'un magazine. Cent quarante-deux pages couleurs, excusé du peu, pages classiques, de bon goût : vert, blanc, rouge, Forza Italia. En couverture : Silvio’s Mosaïque. Silvio serre la pince d’un pape, Silvio tenaille Mitterrand, Silvio gaufre les pompes (à pétrole) de George père, Silvio trousse Bill, fans de chevaux : Ronald et Silvio. Ces filles sous les tonnelles, Silvio dans son fief. Le souriant Silvio dépenaille ses ratiges, orgueilleuses petites choses. Il se paie un trouvère ivre de componction, un artiste à lui pour le louer qui ne joue, guitare en gondole, que des cantiques à Silvio, pour Silvio, par Silvio, de Silvio. Silvio papier glacé, Silvio écran télé, Silvio immobilier, Silvio calcio. Rubrique : Silvio embrase l’Italie de ses téléputes. Titre : somptueuses propriétés. Godelureaux goguenards. Des pages et des pages, style presse hebdo politique branchouille pour coiffeuses (c’est une image). La vision Silviotistique de l’Italie, son « Grand Projet pour l’Italie » : la Cità Nueva. Lyrisme conceptualiste pailleté couleur braquemart, lignes pathologiques, urbanisation au micron, bonheur fantasme préprogrammé, pommeaux de douche en laiton, accessibilité, compétence, récompense. Fable : la carotte et le maton. Clichés : femmes nouvelles, blondes. Peu de phrases construites, des mots entrecoupés de points d’exclamations. Survêtements sport : runners au bord d’un étang parfaitement rond, graphisme assisté par ordinateur. Des ailes de canards tronqués attachés aux surfaces des étangs, culs serrés. Trois enfants nouveaux sur une place limite sourient à un ballon. Time sharing. Ce sont, selon Silvio et sa clique, les aspirations d’un peuple. On envie ces hommes nouveaux attablés, chemises blanches, pupilles dilatées, écrans argentés, bouffant le monde. Vitres bleues blindées, terre de Sienne murale, tuiles terra cotta, décors impersonnels, toits blancs, bagnoles sombres, cela sent la lessive et on trouve cela bon. Ensembles pavillonnaires, bassins, plantes vertes, caméras, surveillances, badges, puces, cartes, antennes, agrès pour sportifs, muscles, pompes, avions, ciels pimpants, hélicoptères, blés dorés des plaines de l’Antique Nation (qu’on va bouffer), cols enneigés. Fausseté des esquisses, fausseté des projets, faux architectes, faux environnements. C’est tellement évident. Glouton, childish, sécurisé, grise mine, désagréable. Les loisirs : galeries commerciales. Les vieux : centres de repos. Les jeunes : garderies. Chacun sa place. Marques, fers. Je ne veux voir qu’une seule face de con, bordel ! Un texte adipeux assène le Bonheur, la Croissance, la Productivité, la Sécurité, l’Immigration. Kaai Goe ! Génial ! Appartements full option, garages autoprotected, Very Important People, pelouses sans plis, sueurs émaciées des engrais de cadavres, Soylent Green, tous ces cons lessivés, vocabulaire retroussé, truandé. Le temps qu’ils se retourne, ah ! le Peuple ! la brèche sera suffisante pour violer le pays à grande échelle. Les indiens et les cow-boys c’est fini, il n’y a plus que des cow-boys. Mâchoires de garde carrées, inquiétantes mais disponibles. Chiens qui ne pissent pas où il ne doivent pas et qui mordent opportunément. Sourieurs de synthèse. Gratins de cloches abjectes. Ubu chef du Conseil. Voilà. Ce populisme pompier mettra les fascistes de la Ligue du Nord au pouvoir. Voilà ce que cela donne : à milles lieues des problématiques réelles, tout pour un seul clan, ni ligne politique, ni éthique sociale, rembourrer les comptes en Suisse. Et de grands discours sur l’immigration, la guerre nécessaire, contre les méchants drogués, plus une petite louche anti-communiste pour la forme, on ratisse à fond. Même discours au v.b. sans le faste du fric en première ligne. Vérone, une librairie dont la façade fut repeinte de croix gammées grandeur plus que nature, la tenancière m’explique : « si je dépose une plainte ou si j’efface, je risque le feu, bris de vitrine, résultat de la violence de groupes armés sillonnant la nuit à la recherche d’occupation. » Des signes extrêmement droits sont tagués sur les murailles d’enceinte de la ville, des castels, des demeures, des théâtres, c’est l’Italie boutiquière. Le forum muet, l’agora ligueur. Des amis italiens prévoyaient leur départ au Brésil si Berlusconi passait. Mais on se disait c’est trop gros. Nous étions naïfs. L’Homme Nouveau, blanc, cela a de la gueule ! La Cité Nouvelle aussi. Propre. Structurée. Sécurisée. Nouvel élan, nouvelle progéniture. Rentabilité. Illusions. Mafias. On se disait : les gens le savent bien, ils ne sont pas si crétins, ils se rappellent. Je disais naïfs. La majorité a voté. Elle admire le Cavalier. Mes amis sont au Brésil. La Cità Nueva, on le voit bien maintenant, Silvio s’en est pincé. Des affaires à régler, sans doute.
13:30 Publié dans Dauphins ivres - extraits | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, poésie, politique, extrême droite, résistance
03.09.2006
Un geste qui ne nous coûte rien
Depuis quelques jours le FN (Front National) fait campagne. Nous devrions tous recevoir, dans nos boîtes aux lettres, boîtes postales, un questionnaire à remplir et à renvoyer dans une enveloppe T. ATTENDEZ AVANT DE TOUT JETER: La particularité de l'enveloppe T, si vous la renvoyez, c'est qu'elle est payée par le destinataire, donc par le FN. Comme les règles de financement des campagnes électorales sont assez strictes, les fonds qui seront dépensés pour ce routage ne pourront être utilisés pour d'autres tracts ou affiches. Alors, jetons le questionnaire, mais renvoyons tous notre enveloppe T au Front National en la garnissant à notre goût... Info à diffuser largement.
00:20 Publié dans Symptôme | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : poésie politique, poésie, politique, extrême droite, front national, résistance




