19.10.2007

les Cyniques et la «falsification de la monnaie» #4

Le cosmopolitisme en politique

(lire depuis la première partie)

Tout le monde a présente à l'esprit la réplique pour le moins désinvolte qu'adressa Diogène à Alexandre: «Ôte-toi de mon soleil.» Le Cynique, il est vrai, ne se laissait pas impressionner par les puissants et il ne se privait pas d'exprimer à leur égard des critiques verbales assez audacieuses. Denys le Stoïcien raconte qu'après Chéronée, Diogène, fait prisonnier, fut conduit devant Philippe et qu'au roi qui lui demandait qui il était, le philosophe répondit: «L'espion de ton insatiable avidité.» Alexandre, après avoir détruit Thèbes, demanda un jour à Cratès s'il voulait que fût reconstruite sa ville natale; loin de témoigner une quelconque reconnaissance, le philosophe rétorqua: «Et pourquoi le faudrait-il? Il y aura bien encore un autre Alexandre pour la détruire.» La tradition de franchise à l'égard des puissants devait se poursuivre sous l'Empire dans des conditions encore plus difficiles, puisque le plus souvent les empereurs toléraient très mal les philosophes. Le cynique Isidore sera chassé de Rome et d'Italie pour avoir reproché publiquement à Néron «de bien chanter les malheurs de Nauplius, mais de mal administrer ses propres biens». Démétrius, le Cynique ami de Sénèque, n'hésitera pas à adopter une attitude provocante à l'égard de l'empereur Vespasien: quand il le croise sur sa route, alors que celui-ci l'a déjà condamné, il ne se lève pas, ne le salue pas, et même marmonne quelque injure. Diogène (pas celui de Sinope, mais un philosophe cynique du 1er siècle est fouetté et son collègue Héras a la tête coupée pour avoir osé critiquer en plein théâtre le mariage du fils de Vespasien, Titus, avec Bérénice. Mais le Cynique ne se contente pas de lancer des invectives à l'égard des pouvoirs en place. Il essaie d'adopter une attitude politique qui soit cohérente avec ses vues philosophiques. Aussi poursuit-il son entreprise de falsification dans le domaine politique. Même si la Grèce de l'époque d'Alexandre voit ses limites éclater à la mesure des ambitions du jeune souverain, même si la polis grecque traditionnelle assiste à une remise en cause de ses fondements, les esprits ne sont pas encore vraiment prêts au IVème siècle à perdre les repères habituels de la vie civique et politique. Or quels sont les qualificatifs revendiqués par Diogène? A-polis, sans cité, A-oikos, sans maison et, de façon apparemment plus positive, kosmopolitès, citoyen de l'univers. Dans cette optique, l'exil ne présente aucun inconvénient et Diogène à aucun moment ne regrette Sinope. Cratès dans une de ses poésies déclare bien clairement: «Ma patrie n'est pas faite d'une seule muraille ni d'un seul toit; mais c'est la terre entière qui constitue la cité et la maison mises à notre disposition pour que nous y séjournions.» Dans la logique du cosmopolitisme, le cynisme ancien préconise l'abstention à l'égard de tout engagement politique, qui, au même titre d'ailleurs que l'engagement familial ou social, se révélerait une entrave à la liberté individuelle. Le philosophe cynique falsifie la monnaie en politique, dès l'instant où il rejette la loi, fondatrice de la cité, et où il lui oppose la nature. Si toutes les cités existantes se valent, la seule loi qui mérite d'être observée, est celle qui règle le cosmos, autrement dit la loi naturelle: Diogène falsifiait réellement la monnaie, ne reconnaissant absolument pas la même valeur à la loi qu'à la nature. Il disait qu'en ne mettant rien au-dessus de la liberté, «il menait le même genre de vie qu'Héraclès.» L'Épicurien Philodème au 1er siècle av. j.-c. confirmera ce rejet par Diogène de la cité traditionnelle en déclarant: «Aucune cité, aucune loi parmi celles que nous connaissons, n'était à ses yeux une cité ou une loi.» Cette falsification, le philosophe l'a concrétisée dans un ouvrage qui, on s'en doute, était appelé à faire scandale et dont bon nombre de Stoïciens futurs, gênés par cet héritage diogénien, auraient préféré, à en croire Philodème, qu'il ne l'eût jamais écrit. Il s'agit de sa fameuse République, où en guise de lois il pose les principes de la vie selon la nature, laisse tomber tous les tabous et rejette toute entrave à la liberté individuelle, prenant presque un malin plaisir à souligner ce que ce type de vie peut offrir de plus scandaleux aux yeux du grec raffiné de son époque: l'anthropophagie, l'inceste, la communauté des femmes et des enfants, le sport pratiqué nu par les femmes, la liberté sexuelle totale, ceci pour n'en rappeler que quelques traits. Les principes politiques qu'il énonce nient les pratiques politiques traditionnelles, puisque dans sa République les armes doivent disparaître et que l'argent, monnaie d'échange, est remplacé par des osselets que chacun peut trouver n'importe où. Diogène a volontairement poussé jusqu'à ses limites extrêmes la notion de vie naturelle, faisant mieux ressortir ainsi, me semble-t-il, la critique implicite qu'il adressait aux constructions politiques théoriques de l'époque, à la République de Platon en particulier. A-t-il dans son ouvrage tracé les contours d'une République idéale et utopique? Il a voulu définir ce que pourrait être une communauté humaine qui obéirait bien concrètement à une norme unique: la soumission à la nature. Probablement que dans son esprit il ne s'agissait pas d'une utopie, mais d'une démarche que l'homme pourrait envisager s'il acceptait de prendre pour référence l'animal et d'aller assez loin dans cette entreprise.

13.08.2007

La salariat a ceci d'avantageux sur l'esclavage...

par Didier Lacapelle, sur Economie et archimagie 

 

" Le contrat de travail est réglementairement un renoncement du salarié d'une part de sa liberté en échange d'un salaire. Keynes a évoqué la nécessité d'octroyer aux travailleurs le juste nécessaire afin de renouveler la force de travail. Le salariat a d'ailleurs un avantage sur l'esclavage : le patron n'a plus le besoin d'organiser le gîte et le couvert; il reporte le travail de recherche de nourriture et d'un logement sur le salarié lui-même, ainsi que le risque de ne pas réussir dans cette entreprise.

Similairement, la violence des particuliers est délégitimée par un prétendu contrat. Il y a rarement émergence d'une violence de particuliers dans une société non-violente et harmonieuse. La violence des privés et le plus souvent une réaction à la domination politique dont ils sont l'objet, bien que le discours camoufle les mécanismes de domination. Historiquement l'Etat est un instrument de domination pour la classe dominante. Malin, il précise même les mécanismes par lesquels la contestation peut s'exprimer : les élections, le droit de grève limité, la manifestation autorisée. Et le raisonnement implicite que le peuple doit adopter est le suivant : un pouvoir qui organise sa propre contestation ne peut pas être délégitimé. On oublie bien sûr le corollaire non dit : les moyens de contestation qu'il autorise ne peuvent pas le renverser. Et s'il advenait qu'on le renverse (cela arrive parfois dans certains pays d'Amérique latine ou d'Afrique), il s'autoriserait tous les moyens qu'il avait proscrit pour se rétablir.

On ajoute à cela un discours prétendant faire du capitalisme la fin de l'histoire. Il serait inutile de le combattre, parce qu'il n'existerait rien par quoi le remplacer. La paresse intellectuelle et l'ignorance font même que certains font croire que capitalisme est synonyme d'économie : pour eux, acheter et vendre signifie adhérer à des principes capitalistes.

Quelles sont les positions de combat qui restent ? "

28.07.2007

Altruisme et autres afféteries des bonnes consciences

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"Vivre pour autrui : délassement infiniment agréable pour les hommes fortement égoïstes."

F. Nietzsche, V. de puissance II, p.119.

24.05.2007

Les dauphins ivres

Mes papiers sont en règle. Inscription, à deux mains, j’écris ton nom. Cinq semaines très très chiches. Pas de quoi payer quatre photos d’identité. Chaque étape laborieuse. J’obtiens enfin un premier rendez-vous avec une assistante. Je grimpe l’échelle sociale d’un échelon. Elle s’appelle Greta. Blonde, la trentaine glaciale. Je suis incapable de raconter mon histoire à Greta. Je suis autant qu’elle le témoin de phrases aberrantes, les miennes. J’observe son visage. Elle ne me croit pas. Si j’en avais encore, je perds mes ultimes moyens. Son regard, cette interrogation, elle danse sur sa chaise en rougissant. Elle pense que je la drague. Elle me veut. Greta, qui en voit de toutes les couleurs, qui assiste aux déboires de tous ces gens toute la journée, reste impressionnable. Et aussi mal à l’aise que moi. Elle ne comprend visiblement pas le détail. Je me tais. Je lui demande si elle parle l’anglais. Je ne pense pas à lui demander si elle parle le français. Vingt minutes que je me déchiffre comme une truite, il s’agit tout de même de se foutre à poil, de détailler les circonstances qui me poussent à devoir convaincre cette femme alarmée contre obtention de survie. Si elle parlait le français, je suppose qu’elle me l’aurait déjà fait savoir. Si, si, je parle français, dit Greta, ornée d’un accent rude d’ici. Une pro. Du coup, je m’emporte, je farfouille, je veux en remettre, elle va savoir… En vérité, elle ne me comprend que très au tiers. La fin de l’entrevue est un supplice. Elle toussote, quitte le bureau, revient pour des documents à dupliquer, ressort. Sans doute est-elle allée voir son chef. Moi, je savoure cette heure à voir défiler ma vie sous le regard couperet de Greta. Pathétique. Elle dit, car son français s’avère aussi mauvais que mon néerlandais, en flamand : un assistant social viendra chez vous dans quelques jours pour la visite à domicile. Ce ne sera pas moi. (Chouette, encore une visite !) J’insiste, l’urgence, ma situation... Greta dit dans quelques jours. L’implacabilité de l’univers, les yeux de Greta.
les dauphins ivres

14.05.2007

Les dauphins ivres

Vos papiers ! Vous êtes Belge ? Oui, mais j’ai faim, dans deux jours je serai à la rue, je crois le propriétaire lorsqu’il affirme qu’il expulsera mes affaires. La madame te dit d’attendre. Elle n’y peut rien, c’est normal, où sont tes papiers en règle ? On les appelle des sans-papiers, ils sillonnent les allées mourantes à la fin du marché, en face du Théâtre municipal, le samedi matin. Tu trouveras peut-être de quoi subsister. Fruits et légumes, rebuts maraîchers, concurrence des mouettes et leur infecte habitude de s’agglutiner à la nourriture. Le soleil aiguillonne des nuages. Tes pas écrasent la pluie. Tu évites la vitrine de la boulangerie. En très très gros plan : le dernier paquet de spaghetti dans ton placard vide. Ne pas l’ouvrir. Pas déjà. Pas maintenant. Frigo débranché depuis des semaines. Cette maison te nie. Tu rejoins la pièce minuscule de laquelle tu n’es pas sorti depuis un an. Tu as renoncé à chercher du travail. On n’a besoin de toi nulle part. Le désert. Tes envies évaporées depuis belle lurette. Tu y songes devant l’air moqueur des tours de la centrale de police. Absolument trouver la force d’entreprendre les démarches adéquates, il faut se confronter, c’est l’occasion de témoigner, cette résistance te pousse en avant. Jeunes femmes charmantes. Au VDAB, c’est l’office pour l’emploi, on t’inscrit comme demandeur d’emploi. — On va faire un petit entretien et un petit test de langue, dit Zora. — Mais si, vous parlez très bien, oppose-t-elle à mes doutes, je comprends tout ce que vous me dites, alors... Dans quelle langue parlons-nous à votre avis ? Il faut avoir un tout petit peu confiance en soi pour retrouver du travail. Combien vous mettez-vous, sur cinq, en néerlandais ? — Trois ? — Ah non monsieur, moi je vous mets un grand cinq ! (Elle note un grand cinq.) Bon, que faites-vous, que savez-vous faire, je veux dire dans la vie, votre métier, on va remplir une fiche, vous allez me dire vos compétences, on va vous inscrire et dès lors vous pourrez vous inscrire à l’OCMW. Vous êtes inscrit à la Commune ? Non ?! Mais, vous devez vous inscrire à la Commune, d’abord, pour vous inscrire ici ! Ces inscriptions me filent mal au crâne. — La Commune dit de commencer ici. — Pardon ? Et la mutuelle, avez-vous une assurance mutuelle ? Vous n’en avez jamais eu. Alors ça ! J’aimerais pas être à votre place. Cela va vous coûter cher. Vous cotisez un peu tard tout de même. À votre âge, des gens contribuent depuis longtemps. J’abrège, je salue, je sauve ma peau et ma santé mentale.
pierre duys

04.05.2007

Les dauphins ivres

Tu te retrouves en déséquilibre, ta vie vacille, tu vas tout droit sous les ponts. Même si tu es d’ici, même si tu as la nationalité, tu en es arrivé à ce point et plus rien ne te permet de faire autrement que d’assumer la requête d’un droit, l’aide sociale. Et tu sens bien qu’on va te le reprocher. D’en être arrivé là. Tu es d’ores et déjà suspect. On ne tombe pas impunément. Tu as fui ton pays, tu ne connais personne ici ou tu es d’ici mais personne ne peut ou ne veut plus t’aider, tu t’es laissé partir ou tu as fait ton possible ou un parcours confus s’est déroulé devant toi sans que tu ne puisses dire comment ni pourquoi, tu as tout perdu, tu as des mômes, tu ne peux plus les nourrir. Tu as été abandonnée, maltraitée, tu ne sors plus de chez toi. Tes parents en ont assez ou tu n’as plus de parents ou ils sont loin, tu es ici pour les aider. Autant de circonstances toujours limites que d’individus. Des histoires que les autres ne veulent pas entendre. Pour cette bonne raison on les assemble sous un générique, la précarité. Boîte laconique dans l’esprit des gens, qui se propage en se nourrissant de divagations. Ne cherche surtout pas à te faire comprendre, on se chargera de bien te faire comprendre. Des semaines que tu rechignes à y aller. Tu évalues les modalités. Tu n’es pas de ce monde mais tu pressens juste. Personne n’est de ce monde sinon les fonctionnaires qui te reçoivent. Tu dois y aller parce que la rue t’attend. Tu ne dors plus. Tu n’as plus de crédit. Si on t’appelle, tu dis que tout va de toute façon très bien. Tu te marres parce que tu sais qu’aimer c’est quand on n’a pas peur. Tu es en route pour t’inscrire au Centre Public d’Aide Sociale, CPAS, OCMW en néerlandais. Bien sûr, tu espères un peu. Il te manquera quelque chose, tu penses à un document, c’est pratiquement certain, tu te demandes lequel. Ce ne sera pas si facile. Le bureau d’aide sociale de ton quartier se trouve au rez-de-chaussée d’un immeuble social que bordent des pelouses sociales au pied d’une voie ferrée asociale et surélevée. Tu actionnes la poignée de la double porte, une salle d’attente prolonge un couloir blanc, des pictogrammes colorés rythment les entrées au cas par cas. Une famille joue au hochet pour apaiser un petit qui braille. Un grunge blond très pâle feuillette une revue de motocyclettes. Les fauteuils au carré sont arrimés au sol devant la réception double vitrée. Au cas où quelqu’un voudrait se battre ? La végétation est punie dans deux pots bruns. Une pancarte invite à se présenter. La radio débite des airs syncopés. Des voix enjouées annoncent des catastrophes. Tu sonnes, trois bonnes dames se marrent, l’une hausse la voix du journaliste, un jingle ordonne aux tympans d’écouter, tu attends. Tu esquisses un signe. Tu claques la vitre avec tes clés. On te fait savoir qu’on a compris et qu’on arrive. La radio annonce un accident mortel dans ce fameux tunnel au nom impraticable. Ambiance banquise exposant huit. La mine contrite se relève, glissant froidement la vitre, elle te sourit et te demande ce que tu veux. Sans blague ? Tu bredouilles, l’émotion, il fallait t’y attendre. On est là pour quoi, ici, à son avis, d’habitude ? Tu te vautres en ébauchant ton histoire. On t’écoute un peu puis on te demande des papiers. Tu ne comprends pas de quoi il s’agit. Oui, le VDAB, il faut être inscrit au VDAB pour obtenir un rendez-vous ici. Tu tentes de relier cet acronyme à quelque chose de connu, tu redemandes, tu ne recomprends pas, on te redonne une adresse et un horaire. Tu rempoches ton identité en dépassant la salle d’attente, on te rappelle : Êtes-vous inscrit à la Commune ? Non ! Ah mais, avant toute chose il faut y être inscrit. La Commune est à flanc de commissariat.
pierre duys

01.05.2007

Fête du travail: A force de baiser comme des belettes, on vit comme des belettes.

Moins de la moitié des gens sont satisfaits de leur vie sexuelle, grands perdants du mode de vie occidental, nos sexes réagissent au stress et à la fatigue, ils débandent, paraît-il. La presse le dit, alors... Alors, penchons-nous, sans bruit, et humons le parfum des vulves offertes. Que sentons-nous? Mmmmmh. La marée. Comment ça chui vulgaire ? Paske j'dis bite ! Mais, ma chérie, tu baignes toute la journée dans la vulgarité la plus insane et bite, tu trouves ca vulgaire. Quand je te dis que t'es pas sortie de ta merde, toi. Bon. Alors. Voyons voir. Seuls 44 % des gens se disent satisfaits de leur vie sexuelle, selon une enquête internationale sur le bien-être sexuel menée par le fabricant de préservatifs Durex. Rien que ça ? Non ? Tu vois toujours pas ? Dis-le ! Mais dis-le bordel ! Merci Durex. Voilà. Merci Durex. Parce qu'on se demandait où l'on en était. On s'en doutait bien un peu, mais ca fait du bien qu'une autorité nous le dise franco. Oui, On baise comme des cochons, on baise parce qu'on est bourré, boum boum c'est plié. L'esthétique du cul ? Quoi, mais qu'est-ce que je raconte ? L'étude Sexual Wellbeing Global Survey a été menée par auprès de quelque 26.000 personnes de 26 pays. La Belgique ne figure pas dans la liste. Comme d'habitude. Nos bites gigantesques ne rentrent pas dans leur schéma. D'ailleurs, ne dit-on pas: grands empires, les pires, petits pays, gros zizi ? Bonb, alors... Alors, la vie sexuelle des gens serait en veilleuse. La vie moderne serait responsable de cet état de fait. Sans blague. Tu trouves qu'ils ont l'air un poil névrotiques. Noooooon ! Franchement ! Tu crois ? Ah ben ça, si j'avais su ! Quatre personnes sur dix affirment que la fatigue et le stress sont les causes majeures de leur mal-être. Seuls 44 % des gens se disent satisfaits de leur vie sexuelle. En France, ils ne sont que 25 %. Grandes gueules mais mini-zguègues, hein ! Les Japonais ratissent plus bas: 15 % de satisfaits. Un grand mythe s'effondre. Faut dire aussi que ça fait 60 berges que ces bridés se tapent des amerloques et pas que leur modèles. Et, comme loques, les amerloques, question cul, ya pas pire. Et je sais de quoi je parle, bordel. Au Nigeria, en revanche, les sondés sont les plus satisfaits. 67 % d'entre eux trouvent que le coup de bite du jeudi les satisfait pas mal. Mais non, les noirs n'ont pas de plus grosses queues que les autres. Qui a dit ça ? D'après cette même enquête à la con, ces crétins soumis aux aléas du temps recherchent avant tout le «côté doux et tendre» du sexe. Quand je vous dis que ce sont des crétins. Ils sont 39 % à vouloir plus de câlins. Merde ! Ils sont 39 % à vouloir plus de câlins d'amour et de romantisme. Et 36 % à rechercher les «moments de qualité» avec leur partenaire. Je préfère fermer ma gueule, je vais encore passer pour misanthrope. Mais, tout de même, quelle sacrée bande de crétins, perroquets médiatisés, fashion victims et compagnie, enfin bref, j'ai dit, je ferme ma tronche de connard. Bref... Les aventures d'un soir s'effacent devant les relations de longue durée «où le sentiment de sécurité dans la chambre à coucher est très important». Nous y voilà. Longévité, sécurité, petite pension, mourir en bonne santé: les mamelles de la connerie médiatique occidentale. Non, non, ne me poussez pas, vous savez bien, depuis le temps, ce que je pense de ces fils de putes de marketeur de fions. Des expérimentations pour raviver la sexualité: Les personnes interrogées pensent que les "expérimentations" sont un moyen idéal pour raviver leur sexualité. Juste pour te dire où l'on en est, hein... Attends, tu vas te marrer, je te file la liste: Les jeux de rôle (12 %) les massages (11 %) les fantaisies sexuelles (10 %) le bondage et le sexe oral (chacun 9 %) sont les activités "expérimentales" les plus recherchées. Mais qu'est-ce qu'ils fpont alors, d'habitude ? Pour te dire le niveau d'imagination de ces cochons. La moyenne des rapports sexuels s'élève à 103 relations par an. Les Grecs occupent la première place, 164 rapports par an et le Japon est sexuellement le moins actif avec 48 relations par an. Un rapport dure en moyenne 18 minutes. Eh ben putain ! N'ont qu'à venir à la maison, tiens, que je leur fasse tout exploser, leurs stats et leur fion, bordel ! Hum... Les Indiens sont les plus rapides (13 minutes) alors que c'est au Nigeria que les relations sexuelles durent le plus longtemps (environ 24 minutes). Grosses bites mais durabilité de belettes. Bien que la fréquence des rapports et la satisfaction sexuelle connaissent un pic entre 20 et 34 ans, le sexe reste important chez les plus âgés: les plus de 65 ans auraient plus d'un rapport sexuel par semaine (60 %). Menteurs ! La moitié des personnes interrogées (48 %) affirment avoir régulièrement un orgasme. C'est ça ! Je te crois, tiens ! Faudrait peut-être d'abord s'entendre sur le terme. Moi aussi je peux juter dans le vide et dire que j'ai joui. C'est pas tous les jours qu'on grimpe aux rideaux. La vraie question serait de savoir combien d'orgasmes, des vrais, des costauds, ils eurent dans TOUTE LEUR VIE ! Cinq, six !? Deux fois plus d'hommes (64 %) que de femmes ont des orgasmes. Tu parles. Et, assez étonnamment, ce sont les plus de 65 ans qui ont le plus de chance d'atteindre le septième ciel. Ah, tu vois. Non, je me demande même si parmi vous y'en a un seul qui a déjà joui. Je veux dire qui a joui. Genre gueuler, perdre toute notion du temps de l'espace toussa. Enfin, je te dis même pas, si ça se trouve tu sais même pas de quoi je parle. Les Italiens, les Mexicains, les Espagnols et les sud-africains disent le plus souvent (2 sur 3) avoir un orgasme, et les Néerlandais déclarent en avoir dans près de 60 % des cas. C'est ça, ouais. Entre deux space-cakes. Seulement 24 % des sondés en Chine et à Hongkong et 27 % des Japonais ont régulièrement un orgasme. À noter par ailleurs que plus d'un quart (28 %) des hommes et des femmes dans le monde avouent avoir déjà vécu une relation sexuelle douloureuse et 19 % déclarent avoir déjà perdu leur appétit sexuel. Un tiers des femmes (34 %) ont déjà été confrontées à la sécheresse vaginale et près d'un quart des hommes (24 %) a déjà été confronté à des troubles de l'érection ou a rencontré des difficultés pour la conserver (29 %). Non, mais ne vous en faîtes pas, notre monde occidental, c'est du nanan, on y arrivera, on est les meilleurs, et puis, dans la vie, le plus important, c'est de réussir, non? bande de...

27.04.2007

Et dire qu'on aurait pu lui apprendre à jouer de l'AK 47 comme tout le monde !

26.04.2007

Ma fibre, l'éveil

La colère comme carburant. La tendresse comme moteur. L'ironie comme véhicule. pierre duys
medium_7f422b11.jpg Jenny Saville

23.04.2007

Les élections présidentielles en France ou le paradoxe de la culture

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Jenny Saville, (inspiré par Cendre)
Chers amis Français, je vous présente toutes mes condoléances. La pente est forte, la route est à son terme, la chute sera longue, aurait pu dire le marketeur de monsieur Vabre. La souffrance et les valeurs sentimentales, l'affect, substitués à la raison sociale, plombent la politique. Il suffisait d'entendre, hier, les discours des "vainqueurs du premier tour" des présidentielles. Maladie du désir. Maladie de l'allégresse, celle de la soumission. Exploitation de la libido des consommateurs. Désidentification des enfants, du peuple, des individus, vis-à-vis des parents, de l'autorité. Complexe d'Oedipe industrialisé. Absence de lucidité collective, négation de la pensée, interdiction de le faire dans la durée, votes pulsionnels, société des compulsions, les voir frénétiquement se jeter sur leur portable, toute affaires cessantes - fermez vos gueule et regardez-moi, je téléphone ! - durées rétrécies, cultures massivement dénuées de références, de fondements, corps valeurs marchandes, appuyez sur telle émotion, les sondages indiquent le reste, la peur, l'angoisse, la crainte, tout comme si tout se valait, tout comme si tout pouvait se dire, tout comme si tout, de toute façon, devait être dit et appliqué. Cette idée du marché que tout est bon, si cela s'achète et cela se vend. Les éléments des révolutions viennent toujours, historiquement, du centre. Ni de droite, ni de gauche. C'est le ventre qui milite. Le centre mou. Télécratie: dans l'immédiat, c'est à celui qui le dira en premier, le premier qui dégaine a gagné. Si l'on ne veut pas tomber dans des systèmes sociétaux où l'individu serait réduit à sa part utilitaire, il faut penser le politique en fonction de la culture, de la valeur des termes dont on use, de l'acuité des symboles, de leurs significations. Il faut cesser de flatter la bêtise des crétins sous prétexte de "faire peuple", il faut cesser de vouloir sauver la "masse", le monde, l'humanité, la société, ton voisin, l'univers, que sais-je encore, sous prétexte d'en extorquer deux sous, et cinquante centimes, sous prétexte d'en faire des vainqueurs. On entend encore cette idée qu'il faudrait s'élever, arriver quelque part, réussir... Mais quoi ? PLus c'est vague, mieux l'on manipule le consensus. Hier, en France, nous avons pu voir à quel point les oligarques prennent le peuple pour un troupeau de cochons. Les candidats, les deux seuls candidats qui tinrent des propos raisonnables, des propositions raisonnables, ont été éliminé, en faveur de vains populistes. Ceux-ci, dame Royale et sieur Sarkozy, se sont empressés de fondre leur discours d'investiture en une bouillie indéchiffrable teintée de sentimentalisme, de patriotisme, de compassion jésuitique, de rêve et d'autoritarsime. Absence absolue de respect, d'intelligence, de hauteur, de vision, de projet, de réalisme. On sait bien qu'ils en ont, des projets réalistes, mais c'est trop compliqué pour nous, bande de fions, on sait bien qu'ils parlent au peuple de cette façon parce qu'ils le prennent pour un con; ce peuple est un con, leur parler à hauteur de leur bêtise, se disent-ils. Je vous jure, ils veulent nous sauver ! Ces piètres bourgeois pensent encore qu'il faut sauver le peuple. Bouches bées, les bébés se gavent d'émotions bon marché pétrifiées dans la panade des mots sans fond. Réaliser les besoins immédiats, cet empressement à le faire, comme s'ils avaient quelque chose à se faire pardonner. Et, surtout, bien délimiter les camps, sans lancer le moindre débat, sans développer rien de la complexité de leur programme, des voies qu'on emprunterait pour y parvenir. Ils préfèrent assénner l'idée de deux camps, la droite et la gauche, facile à comprendre, très opposés, oh si, tellement opposés, qui s'affrontent désormais. Choisis ton camp, camarade ! Cette façon archaïque de gouverner. Hier soir, en France, ce fut honte et désolation mentale et émonstration de l'incompétence et du cynisme infinis, de l'appétit qu'engendre le pouvoir pour lui-même, emmailloté dans les plis soyeux d'une rédemption hypothétique caramélisée qui sauvera l'humanité, la France, d'une chute certaine. Honte sur la politique clanique, tribale, de classe et d'appareil, qui vous chia sur le coin du tarin ses plus belles crottes. Honte sur vous, honte sur eux, honte sur nous qui admirons la vanité des prétendants, honte sur la paresse ntellectuelle, honte sur celles et ceux qui délèguent la responsabilité de leur existence, de leurs choix. Pourquoi évoquer la honte ? Pourquoi blâmer les gens ? N'en ont-ils pas déjà plein les pattes ? Du jour où ceux-ci prendront le temps de cultiver leur intelligence du monde, du jour où ils se battront pour entrer dans les bibliothèques et dans les écoles supérieures plutôt que dans les discothèques et à la télévision, du jour où ils se responsabiliseront, s'autonomiseront, cesseront de se nourrir de la condescendance de leurs bourreaux, je cesserai de les prendre pour des crétins. N'ayant pas la vocation de sauveur, je ne pense pas que l'on sauve quiconque ne désirerait d'abord se sauver lui-même, c'est à dire se cultiver pour tenir tête à hauteur des attaques qui lui sont faites. Nos amis Français ne sont pas des victimes consentantes, nous tous périclitons d'inculture, glissant dans ces systèmes sectaires, autoritaires, communautaires, que les consortiums financiers vont s'empresser de cueillir comme des fruits mûrs en criant à la fin de l'Etat-nation, récoltes qu'ils feront d'autant plus avidement qu'ils les nourrissent depuis longtemps, rendues, à point, façonnées: productivité, rentabilité, absence de raison, d'éthique sociale. Les citoyens ont fait, hier, le choix du pire contre le pire. Un espoir ? Les oligarques, nés "sous" la télévision, "sous" le pouvoir de celle-ci, sont encore certains que les médias massifs sont les ultimes outils. Nous, nous savons le pouvoir des mots et celui des réseaux. Nous, nous savons que nous allons mener une révolution et nous savons qu'elle sera culturelle avant tout. --------------------------------------------------------------------------------- La politique n'est qu'une part infime de la vie: elle apparaît au sein du foyer, fleurissant sous formes diverses des lits de courants intimes qui traversent les êtres depuis des milliers de générations, chacune apportant de légères variantes teintées d'expériences personnelles qui s'incarneront, ou pas, dans les suivantes et les suivantes et les suivantes; puis, la politique s'affirme avec plus de force dans l'histoire de l'humanité, au fur et à mesure que le pouvoir se manifeste dans des institutions plus larges, aux niveaux régional, national et international, fruits du passage de l'ordre familial, clanique, national. Nous ne devrions pas nous laisser abuser par la politique ni par les institutions politiques. Seul le pouvoir et l'usage qu'on en fait sont essentiels. Mais, la vie ne se réduit pas au simple exercice du pouvoir et, du moins, peut-on espérer qu'avec le temps, le désir de puissance ira en s'amenuisant. Rien n'est moins sûr pourtant. Deux crises convergentes affectent l'homme contemporain: la première, et la plus évidente, concerne les rapports entre la population et l'environnement; la seconde, moins visible, mais tout aussi préoccupante , concerne l'homme et la relation qu'il entretient avec lui-même et avec ses prolongements constitués par ses institutions, ses idées, son entourage immédiat ou élargi à la communauté humaine, en un mot: la relation qu'il entretient avec la culture. Si ces deux crises ne sont pas abordées conjointement, aucune ne sera résolue. La technique seule ne peut apporter de solutions aux problèmes propres de l'homme et à ses éternels conflits et, inversement, la technique ne sera jamais appliquée de manière rationnelle aux problèmes de l'environnement tant que l'homme n'aura pas commencé par dépasser les limites que lui imposent ses institutions, ses philosophies, et ses cultures. L'avenir dépend de la faculté que l'homme aura de transcender les limites des cultures individuelles. Toutefois, pour y parvenir, il faudra qu'il reconnaisse et accepte le fait qu'une culture ne peut se traduire, et que la réduire à son aspect linguistique entraîne la méconnaissance de ses richesses, la réduction de ses intentions, l'aplatissement de sa complexité. De même, faire appel à l'altruisme est vain et, dans un certain sens, imprudent. Et nous verrons la prochaine fois, si vous ne vous chiez pas trop dans les oreilles entre-temps, pourquoi c'est imprudent, bande de fions sans cervelle.